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Dixième avis du Comité de Suivi des Retraites

mardi 22 août 2023

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Le Comité de suivi des Retraites a pour mission, à partir des analyses du Conseil d’orientation des retraites (COR) et après consultation d’un jury citoyen, de rendre chaque année un avis public portant sur l’état de notre système des retraites, avis assorti de recommandations pour l’améliorer. Le dixième avis, publié le 13 juillet, s’il analyse clairement l’état du système des retraites français, est en difficulté pour fournir des recommandations.

Après la crise sanitaire, qui a brouillé les cartes, le CSR est pour le moins dubitatif sur l’efficience de la réforme des retraites 2023, censée, nous disait-on, « sauver le système ».
Il pose plus de questions qu’il ne formule de recommandations :
Sur la flexion de la durée de la retraite, comprenez un nombre plus limité d’années de retraite, le CSR s’interroge sur le développement de l’espérance de vie dans les années à venir…
Sur le niveau de vie relatif des retraités, il émet des réserves sur un possible ressaut à court-terme. Comment ne pas partager ce scepticisme quand on mesure la baisse constante du niveau moyen des retraites des nouveaux retraités par rapport à la pension moyenne générale ?
Sur le redressement de l’équilibre financier du système des retraites, le scepticisme est aussi de rigueur pour plusieurs raisons :
  Même sans réforme, les salariés étaient enclins à retarder spontanément leur âge de départ à la retraite pour compenser une retraite trop faible. Même appliquée pleinement la réforme n’aurait pas accru de deux ans l’âge de départ des individus.
  Les mesures de soutien des petites retraites, et d’autres mesures d’accompagnement ont un coût qui altère les gains espérés sur le financement du système…
Le CSR déplore la complexité et le manque de lisibilité de notre système des retraites, mais il estime qu’une réforme simplificatrice exigeait un temps long, pour être perçue comme acceptable, ce qui n’a pas été le cas en 2019.
Le CSR estime également qu’agir sur un seul levier, en l’occurrence le relèvement de l’âge d’ouverture des droits, pour mettre en place une réforme paramétrique est porteur de risques de rejet, du fait des déséquilibres générés. Il rejoint en ce sens les arguments portés par l’intersyndicale qui avançait l’idée que d’autres mesures étaient possibles.
Si le CSR dénonce une évolution du financement des retraites s’éloignant du système originel basé sur les cotisations, il reste silencieux, au moins dans sa synthèse, sur la baisse de la participation des employeurs au financement de la protection sociale.
Quant à l’estimation de l’ampleur du déficit des retraites, la question des indicateurs retenus et leur évolution dans le temps, rendent difficile un accord sur le constat, ce que nous avons constaté tout au long du débat sur les retraites. Mais là aussi le CSR se garde de toute recommandation claire.
On notera au passage, que le CSR fait un sort au mythe du conflit d’intérêt entre les différents régimes de retraite : Il rappelle que, pour la catégorie des fonctionnaires sédentaires, les simulations de la Drees [montrent]qu’il n’en découle pas d’avantage de moyen significatif pour les agents du public, dont un nombre significatif verraient même leurs droits renforcés si on leur appliquait les règles du privé.

En conclusion, cet avis laisse un goût amer. Six mois de conflit sociaux et une réforme imposée par la force qui n’aboutit à rien ou presque… Tout ça pour ça… C’est ce que l’on peut déduire de ce dixième avis du CSR.

Pour aller plus loin, je télécharge l’avis du CSR