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Avant-projet du projet de loi de financement de la Sécurité sociale : coup de rabot annoncé sur le niveau de vie des retraités !
samedi 26 septembre 2026
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Les intentions du gouvernement concernant la mise à contribution des retraités commencent à être dévoilées. Le coup de rabot sur le niveau de vie des retraités risque d’être sévère, si ce projet arrive à son terme.
Pire, les retraités modestes seraient impactés.
Selon une dépêche de l’AFP, publiée le 19 septembre, la mise à contribution des retraités pour parvenir à une économie budgétaire de 54 milliards d’euros commence à se dessiner. Et pour eux, la pilule risque d’être amère si le gouvernement Lecornu parvient à rassembler une majorité pour soutenir son projet, ou à éviter la censure.
L’abattement fiscal de 10% serait sensiblement écorné :
Difficile de supprimer purement et simplement cet avantage réservé aux retraités en laissant intactes des niches fiscales autrement profitables comme le pacte Dutreil, ou le crédit impôt recherche, par exemple.
Le gouvernement a donc fait le choix, comme l’avait proposé la majorité sénatoriale en 2025, d’abaisser sensiblement le plafond jusqu’auquel s’applique cet abattement : il passerait de 4 439 euros à 3000 euros.
Un retraité percevant plus de 2500 € de pension nette se trouverait impacté par cette mesure.
Et le pire, c’est que cette mesure pourrait prendre un caractère définitif !
Assez peu sensible pour les ménages de retraités les plus favorisés dont le revenu fiscal de référence approche ou dépasse les 100 000 €, elle affecterait durement les retraités de la classe moyenne et de la classe moyenne supérieure qui sont pour la plupart loin d’être riches au sens défini par l’Observatoire des inégalités (plus de 4 300 € de revenu mensuel après impôts pour une personne seule).
Deuxième coup de rabot :
La désindexation des pensions ! Seules les pensions inférieures à 1 260 euros seraient indexées sur l’inflation. Pour mémoire, 1 260 euros, c’est 87 euros de moins que le seuil de pauvreté. Cela signifie qu’un certain nombre de retraités bénéficiaires du minimum contributif ou du minimum garanti de la Fonction Publique devraient voir leur pension sous-indexée. Et notre Baromètre des retraités l’a bien démontré, à ces niveaux de pension, on est confronté à de multiples précarités : précarité alimentaire, précarité énergétique, précarité affectant les déplacements, voire l’accès aux soins médicaux.
La sous-indexation (donc une augmentation des pensions moins forte que l’inflation) concernerait les retraités percevant entre 1.260 euros et 2.034 euros, et il faut considérer qu’il s’agit de montants de pensions brutes.
Au-delà de 2.034 euros, les pensions seraient purement et simplement gelées.
Ces mesures visent à imposer une brutale cure d’austérité à la grande majorité des retraités. A peine plus de 10% des retraités, ceux du premier décile de niveau de vie, verraient leur (très modeste) pension revalorisée.
Nous le savons désormais, pour M. Lecornu , comme sans doute pour M. Lescure, on passe dans la catégorie des retraités aisés dès que l’on perçoit une pension de 1 260 euros. Nous souhaiterions que tous les membres du gouvernement fassent, un mois durant, un seul, l’expérience de vivre avec 1 260 euros.
Ces propositions sont purement scandaleuses.
Dans une France qui est à la fois championne d’Europe des déficits budgétaires et championne d’Europe de la distribution des dividendes, dans une France qui exonère d’impôts plus de 13000 foyers fiscaux parmi les plus riches du pays, faire porter l’effort sur des retraités modestes dont la pension est largement inférieure au SMIC relève de la provocation.
L’indexation des pensions sur l’inflation a un coût : 6 milliards d’euros. En réduisant de 7% les 90 milliards d’exonérations de cotisations patronales, loin d’être toutes justifiées, entièrement compensées par le budget de l’État, M. Lecornu résoudrait son problème. Mais il est plus facile de taper sur les retraités !
L’UNSA Retraités l’affirme de manière forte, elle refuse toute mesure de désindexation, elle refuse l’abaissement du plafond de l’abattement fiscal de 10%.
Elle appelle les retraités à se mobiliser contre ces mesures, si elles doivent prendre corps dans le très prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale !
Un bon moyen d’exprimer le refus de telles mesures : Renseignez le baromètre UNSA des retraités 2026
