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De l’Ehpad à la Maison’âge, les propositions du Conseil de l’Âge
vendredi 9 octobre 2026
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Les 7500 Ehpad de France accueillaient en 2023 600 000 résidents. On entre en Ehpad de plus en plus vieux, avec un âge moyen d’entrée à 88 ans pour une durée moyenne de séjour de deux ans et demi. Si l’aspiration des personnes âgées est de vieillir à domicile, les Ehpad demeurent indispensables pour accompagner les personnes âgées les plus affectées par la perte d’autonomie.
Partant de ce constat et de l’évolution démographique de la population, le Conseil de l’Âge propose de faire évoluer les Ehpad en lieux de vie et de soins attentionnés pour les personnes âgées : la « Maison’âge ».
Un diagnostic sévère :
Un parc immobilier dégradé, souvent mal entretenu, ne répondant pas toujours aux normes de sécurité, notamment en matière de prévention du risque incendie.
20 % des établissements affectés par la présence d’amiante.
Si la loi impose désormais des dispositifs de rafraichissement dans les espaces collectifs, les parties privatives en sont souvent dépourvues dans des bâtiments mal adaptés à la crise climatique.
Un encadrement insuffisant en personnels, un recours massif à l’intérim, des métiers pénibles, peu attractifs et fortement exposés aux accidents du travail et aux maladies professionnelles.
Les métiers du médico-social sont les plus exposés aux maladies professionnelles et aux accidents du travail après les métiers du bâtiment.
Des hébergements coûteux, avec un reste à charge important pour les familles, pour une qualité de service dégradée, avec un recours trop fréquent aux hospitalisations et une privation de liberté pour les résidents.
Pour faire face au vieillissement démographique accru, et répondre à l’exigence forte d’une amélioration des conditions d’accueil des personnes âgées en établissement, le Conseil de l’Âge propose un programme ambitieux d’amélioration de l’accueil et de l’accompagnement des personnes âgées confrontées à la perte d’autonomie.
Pour le Conseil de l’Âge, cela passe par :
- La création d’au moins 48 000 places supplémentaires en Ehpad.
- La garantie pour les résidents de la préservation de leurs libertés individuelles dans « une prise de risque mesurée ».
- Un financement prenant en compte des critères qualitatifs, notamment la réduction des hospitalisations et la prise en compte de la satisfaction des résidents.
- La transformation des Ehpad en plateformes de prestations et lieux de ressources de proximité pour l’ensemble des parcours de vieillissement en articulation avec les Centres de ressources territoriaux de coordination des soins et les autres acteurs de territoire.
- La lutte contre les effets de l’isolement lié à la dépendance.
- Un renforcement du ratio personnels/résidents pour atteindre un taux de 80 personnels pour 100 soignants.
- Une simplification du système de financement
- Une amélioration des conditions de travail des personnels avec la fin du « portage manuel » et le développement des aides techniques.
- La garantie de l’indépendance des organismes de contrôle, et une meilleure prise en compte du point de vue des résidents et de leurs proches.
- Une amélioration des conditions d’hébergement pour passer de la chambre de 20 m² au logement de 30 à 35 m² au sein d’un collectif.
Ces mesures devraient permettre de passer de l’Ehpad d’aujourd’hui à la « Maison’âge » de demain pour offrir aux personnes âgées un type d’hébergement respectueux de leurs libertés, offrant une meilleure qualité de vie, un accompagnement des besoins divers de la vie courante et un cadre de vie attractif.
Ce programme, certes ambitieux, suppose un financement important, et donc la mise en place d’une loi « Grand Âge » pour le rendre possible. Il est nécessaire pour répondre au choc démographique que représente le vieillissement de la population et pour garantir des conditions de vie dignes aux personnes âgées accueillies en établissement.
Pour en savoir plus :

