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Retraites : quelles seraient les victimes du coup de rabot ?

samedi 26 septembre 2026

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Intervenant le lundi 21 septembre sur les ondes de France-Inter, le ministre de l’économie et des finances a tenté de minimiser l’impact des mesures d’austérité à l’encontre des retraités, telles qu’elles se dessinent à travers l’avant projet de PLFSS (Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale pour 2027).
Il a avoué ne pas connaître précisément le nombre de retraités percevant plus de 2000 € de pension, l’estimant à la moitié des 18 millions de retraités...
Quand c’est flou, il y a un loup !
On vous explique pourquoi...

Les chiffres détaillés récents manquent pour saisir la ventilation des retraités selon leur niveau de pension. Les derniers chiffres communiqués par la DREES (le service statistique du ministère de la santé et des solidarités) datent de l’année 2020.
Faute de données plus récentes, nous nous appuyons sur ces chiffres pour mesurer l’impact des mesures envisagées dans l’avant-projet de PLFSS 2027.

Rappel des mesures envisagées et incidences selon le niveau des pensions :
Revalorisation selon les règles prévues par le code de la Sécurité sociale pour les pensions inférieures à 1260 euros.
Cela concernerait environ 37% des retraités, soit environ 6,6 millions de retraités.

Les pensions comprises entre 1260 euros et 2034 euros, seraient sous indexées à un niveau qui n’est pas encore défini, mais qui aurait pour finalité de permettre de se rapprocher l’objectif de 6 milliards d’économies à réaliser sur les retraites, évoqué comme principe directeur de la future LFSS.
Ce sont 35% des retraités qui se situeraient dans cette tranche, soit 6,3 millions de personnes. Et dans ces tranches de niveau de pension, une bonne partie des retraités est confrontée à des précarités multiples : alimentation, chauffage, mobilités, entretien du logement ou paiement des loyers...

Enfin, pour les retraités disposant de plus de 2000 €, ceux qui, selon Roland Lescure, « vivent bien », la lame du rabot serait plus incisive avec un gel pur et simple des pensions, alors qu’on mesure actuellement l’inflation à 2,4%, avec 16,9 % d’augmentation des prix de l’énergie, 7,4% pour le prix des complémentaires santé, et même 4,2% pour le tarif des Ehapd.
Ce sont donc 28% des retraités (et non pas 50% comme l’affirmait imprudemment le ministre) qui seraient affectés par un gel total de leur pension.
Cela concernerait un peu plus de 5 millions de retraités.
Et parmi ces « privilégiés », ceux qui perçoivent plus de 2500 € de pension nette pourraient bien voir leur abattement fiscal fortement réduit du fait de l’abaissement du plafond à 3000 €.
53 % des retraités sont imposables, et parmi eux, certains verraient leurs impôts augmenter du fait de la réduction de l’abattement.

On récapitule les mesures et leur impact si elles étaient appliquées :

Pratiquement les deux-tiers des retraités seraient impactés par une nouvelle baisse de leur niveau de vie, dans un contexte où les prix s’emballent. Pour l’UNSA Retraités, c’est inacceptable.