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Vieillir en Corse, précarité et insularité

samedi 3 octobre 2026

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La Corse, territoire métropolitain mais avec la particularité d’être aussi insulaire, est affectée à la fois par une forte précarité sociale et un vieillissement de la population supérieur à la moyenne nationale.
Ces deux données amènent légitimement à s’interroger sur les conditions de vie des retraités corses.
Le secrétaire de l’Union Régionale UNSA de la Corse, Frédéric Lanai, nous a transmis une étude étayée sur les données les plus récentes de l’INSEE.
A partir de cette étude sur la population corse, nous avons choisi de mettre le focus sur la situation des retraités et des personnes âgées résident sur l’Ile de beauté.

La Corse cumule plusieurs facteurs de fragilité : un niveau de vie relativement faible, un taux de pauvreté élevé, un coût de la vie supérieur à celui de la province sur le continent, une population vieillissante et des difficultés d’accès aux services dans les territoires ruraux. En 2021, 18,1 % des ménages corses vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 15,3 % en France métropolitaine. Le niveau de vie médian y était de 22 390 € par an, contre 23 000 € au niveau national.

La vie chère, un problème résultant de l’insularité
Les prix à la consommation sont globalement supérieurs de 7 % à ceux de la province, avec un écart particulièrement marqué pour l’alimentation (+14,4 %). Il relève également, en juin 2026, un différentiel défavorable aux consommateurs corses sur le gazole de 14,7 centimes par litre.
Cette combinaison – revenus médians plus faibles et dépenses contraintes plus élevées – constitue un élément central pour comprendre le sentiment de déclassement et les situations de précarité ressenti par la population corse.

Vieillissement : le défi social majeur des prochaines décennies :
En 2022, 110 000 personnes de 60 ans ou plus vivent en Corse, soit 31 % de la population. Selon l’Insee, leur nombre pourrait atteindre 158 000 en 2050, soit 41 % de la population si les tendances démographiques se poursuivent. Trois seniors sur dix vivent seuls, le plus souvent des femmes.
La pauvreté des seniors est particulièrement préoccupante : 17,4 % des personnes vivant dans un ménage senior sont sous le seuil de pauvreté, contre environ 10,4 % dans l’Hexagone. Chez les 80 ans et plus, le taux atteint 21,1 %, contre 11,9 % dans l’Hexagone.
La Corse comptait 68 000 retraités du régime général au 31 décembre 2024 et 7 900 bénéficiaires du minimum vieillesse. Soit 7,18% de la population des retraités de l’île contre 4% pour l’ensemble du territoire métropolitain. Cette population de retraités est affectée par la faiblesse des pensions, l’isolement et les difficultés de mobilité.

Isolement et difficultés de déplacement, un facteur aggravant pour le renoncement aux soins.
Les seniors vivant dans certains territoires ruraux de Corse mettent en moyenne deux fois plus de temps pour accéder aux soins ou aux commerces que dans l’Hexagone. Les difficultés se combinent avec l’isolement, l’habitat parfois inadapté et sont génératrices de renoncement aux soins.
Les témoignages des retraités corses attestent de difficultés liées aux transport collectifs : absence de bancs ou d’abris aux arrêts de bu, temps d’attente excessifs aggravent les difficultés de déplacement.

La Corse peut être perçue comme un lieu privilégié pour passer sa retraite : douceur du climat, beauté des paysages, proximité de la mer... Un paradis pour les retraités originaires de métropole à fort pouvoir d’achat. Mais à côté de cette minorité favorisée, les retraités autochtones, majoritairement, sont confrontés à des difficultés multiples : pauvreté, isolement, difficulté d’accès aux soins.
Nous disposons malheureusement de trop peu de retours provenant de la Corse pour de notre Baromètre des retraités, mais les données transmises par Frédéric Lanai nous permettent d’attirer l’attention sur ces problèmes spécifiques et de dénoncer la trop grande précarité des retraités Corses.