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DREES : des chiffres sur les aidants qui laissent perplexes…

vendredi 26 juin 2026

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La Drees a publié le 24 juin une enquête sur le nombre de proches aidants. Les chiffres publiés laissent perplexes. L’enquête porte sur la période comprise entre 2008 et 2022. Elle estime le nombre d’aidants familiaux à 5,3 millions en 2022, contre 5,6 millions en 2008 et enregistre donc une baisse du nombre des aidants évaluée à 340 000 personnes, soit 6 % d’aidants en moins.

Généralement, on estime que le nombre d’aidants se situe autour de 9 millions. La pondération de l’évaluation provient sans doute du fait que les enquêtes réalisées en 2008 et 2022 sont étayées sur les déclarations des personnes aidées et non sur les déclarations des personnes en situation de proches-aidants.
Au-delà de ces limites, retenons qu’entre 2008 et 2022, le nombre de personnes déclarant avoir besoin d’aide pour au moins une activité de la vie quotidienne est passé de 2,1 millions à 2,2 millions.

Qui sont les aidants ?
Selon le dossier de la DREES, l’aide informelle à la vie quotidienne s’est recentrée sur le cercle familial proche, en particulier les conjoints (28 % en 2022 contre 24 % en 2008) et les enfants, (39 % en 2022 contre 35 % en 2008). Elle reste majoritairement assurée par les femmes, même si l’implication des hommes augmente, notamment quand il s’agit de s’impliquer dans l’aide à des enfants de moins de 20 ans.
53 % des aidants doivent concilier vie active ou études avec leur rôle d’aidant.
Si la proportion des aidants retraités semble diminuer, c’est peut-être parce que l’âge de départ à la retraite a reculé sensiblement entre 2008 et 2022 .

Une population d’aidants vieillissante
Alors que l’âge moyen des aidants était de 52 ans et 11 mois en 2008, il s’élève à 55 ans et 4 mois, suivant assez logiquement le vieillissement général de la population.

Un nombre d’heures consacrées à l’aide en progression
La part des aidants qui consacrent entre 7 et 35 heures à l’aide par semaine est passée de 37 à 40 % entre 2008 et 2022. Et désormais, 13 % des aidants consacrent plus de 35 heures aux tâches de soutien, contre 8% en 2008. Plus de la moitié des aidants apportent un soutien de trois à sept tâches différentes.
Un investissement croissant des aidants auprès des aidés est donc constaté.

Les tâches reconnues comme relevant des proches aidants :
En 2008 comme en 2022, on relevait 11 situations pour les quelles les proches aidants pouvaient intervenir :
1. Préparer les repas,
2. Aider à manger ou boire,
3. Aider à s’asseoir ou se lever d’un siège, se coucher ou se lever du lit,
4. Faire les courses,
5. Faire des travaux, du bricolage ou entretenir son jardin,
6. Gérer son budget, son argent ou s’occuper des démarches administratives courantes,
7. Aider à la prise des médicaments ou gérer ses rendez-vous médicaux,
8. Aider à se laver, s’habiller ou se déshabiller (y compris choisir des vêtements adaptés aux circonstances),
9. Réaliser les tâches ménagères courantes (vaisselle, lessive, rangement, ménage) ou plus occasionnelles,
10. Aider à se déplacer dans le logement ou se servir des toilettes,
11. Assurer une surveillance ou une garde de jour ou de nuit,
Peuvent s’y ajouter le soutien moral et l’aide financière ou matérielle.

L’avis de l’UNSA Retraités :
Il est très difficile de cerner de façon précise le nombre et la situation des aidants. Si l’on excepte les aidants bénéficiaires des aides réglementaires : Allocation Journalière Proche Aidant, congé de solidarité familiale, congé de présence parentale, aide au répit… beaucoup de proches aidants de fait ne se déclarent pas, par crainte d’une mauvaise perception dans le cadre professionnel, par crainte d’une image défavorable pour les jeunes aidants par l’environnement générationnel (moqueries, absence d’empathie). Chez les seniors, surtout lorsque l’aidé est le conjoint, par un déni de la perte d’autonomie de la personne aidée, avec l’illusion que la non-reconnaissance officielle retarde et atténue les problèmes de santé de l’aidé. Avec aussi, le sentiment du devoir et parfois de la honte de montrer la dégradation de la personne aidée.
L’enquête de la DREES, au-delà de la pertinence des chiffres, montre qu’il faut aller plus loin et plus vite, en matière de prévention de la perte d’autonomie, de repérage des situations critiques, d’accompagnement sanitaire, social et psychologique des aidants.
De manière plus générale, il faut à la fois renforcer le socle de financement de la CNSA et le maillage territorial de la 5e branche de la Sécurité sociale. Il faut veiller à ce que la pénurie de moyens n’incite pas à substituer les proches aidants aux professionnels de l’aide à la personne, ce qui amènerait la famille à être son propre recours face au risque dépendance.

Pour aller plus loin, lire : Le dossier de le DREES sur les aidants