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En avril, coup de chaud sur l’indice des prix !

jeudi 30 avril 2026

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L’INSEE annonce une hausse des prix de 2,2% sur un an au 30 avril 2026, dont une progression de plus de 14% du prix de l’énergie.
Dans le même temps, le groupe TotalEnergie annonce des profits en hausse de 51% sur le premier trimestre 2026, soit un bénéfice net de près de 5 milliards d’euros.
Qui paie les frais de la crise ?
Qui en empoche les dividendes ?

Coup de chaud sur l’indice des prix !
On le craignait, la menace se confirme. L’indice des prix progresserait en avril 2026 de 2,2% selon les données provisoires publiées par l’INSEE le 30 avril. Cette reprise de l’inflation est la conséquence directe de la crise internationale et de la guerre en Iran.
Sans surprise, c’est l’énergie qui pèse le plus lourd dans cette poussée de la hausse des prix. Son prix progresse de 14,2% sur un an.

Mais d’autres indices sont affectés par l’inflation : les produits alimentaires frais, qui connaissent une hausse de 2% ainsi que les prix des services qui progressent de 1,9%.
Pour les retraités, l’augmentation de 0,9% accordée au 1er janvier est déjà largement effacée par cette reprise de la hausse des prix.
Si pour l’instant, la hausse des prix des carburants les affecte un peu moins que les actifs, davantage contraints à l’utilisation de leur véhicule pour aller au travail, l’augmentation des prix de l’énergie va peser fort sur les dépenses de chauffage à venir, dans les prochains mois. Encore faut-il considérer la situation des retraités vivant en zone rurale, pour lesquels la voiture est le seul moyen pour assurer les déplacements quotidiens, faute de réseaux de transports collectifs.

La crise n’affecte pas tout le monde, loin de là !
Par les hasards du calendrier, la publication de l’indice INSEE attestant de la progression des prix de l’énergie au niveau que l’on vient de voir, correspond à deux jours près, à la publication des résultats pour le premier trimestre 2026 du groupe TotalEnergies. Le bénéfice net trimestriel du groupe français s’est affiché à 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d’euros), en hausse de 51% sur un an. Il envisage de majorer de 6% le montant des dividendes déjà copieux servis à ces actionnaires.
Ces profits démesurés, réalisés en contexte de guerre, ont quelque chose d’indécent. Et la manœuvre consistant à geler temporairement les prix à la pompe, alors que le groupe a spéculé par anticipation sur la crise politique au Moyen-Orient n’abuse personne.

L’urgence d’une redistribution équitable
Cette situation, qui frise la caricature, appelle une correction par des mesures de redistribution. Et il faudra se souvenir de ces profits exceptionnels, lorsque dans quelques semaines, lors du débat sur le Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale, certains viendront nous expliquer que l’indexation des pensions sur la hausse des prix est vraiment trop coûteuse pour les budgets publics.
Des marges, il en existe, pour abonder le budget de l’État, et réduire la dette. Il en existe du côté de ceux qui accumulent des profits indécents grâce à la guerre !