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Vers un nouveau pic d’inflation ?
lundi 20 avril 2026
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Les derniers ministres qui se sont succédé à Bercy mettaient au compte de leurs mérites une lutte déterminée contre l’inflation. Il est vrai que pendant plusieurs mois la France affichait une hausse très contenue de ses prix à la consommation.
Après quatre semaines de guerre menée par les USA et Israël contre le régime des mollahs, l’inflation repartait à la hausse.
Alors qu’en février, l’inflation mesurée sur un an par l’INSEE se limitait à 0,9%, fin mars 2026, elle atteignait 1,7%
Cette hausse de l’inflation s’expliquerait par le fort rebond des prix de l’énergie (+7,3 % sur un an après -2,9 % en février), en particulier de ceux des produits pétroliers.
Les prix de l’alimentation affichent pour l’instant une légère baisse, mais l’impact de la crise énergétique risque de se faire ressentir à moyen terme. Les agriculteurs sont de gros consommateurs de gasoil non routier (GNR) dont les prix s’envolent. Il en est de même pour les pêcheurs.
L’agriculture conventionnelle a d’importants besoins d’engrais à base d’azote et ces matières transitaient majoritairement par le golfe Persique. Le blocus du détroit d’Ormuz, s’il se prolonge, va empêcher les livraisons d’engrais de manière durable et avoir une répercussion sur l’augmentation des prix des produits alimentaires, particulièrement sur les produits à base de céréales.
Les métiers du soin et de l’aide à la personne, victimes de l’augmentation des carburants
Certaines professions sont particulièrement affectées et parmi celles qui ont un impact sur le quotidien des personnes âgées figurent tous les métiers du soin et de l’aide à la personne.
On pense bien sûr aux infirmières libérales, dont l’indemnité kilométrique limitée à 50 centimes du kilomètre est loin de couvrir les frais réels à l’heure où le litre d’essence ou de diésel dépasse les deux euros.
Les incitations à l’électrification du parc automobile, et les aides improvisées sous forme de location de véhicules électriques ne constituent qu’un pis allé.
C’est encore pire pour les personnes assurant les services d’aides à la personne, dont les rémunérations sont gelées depuis quatre ans. Même si l’indemnisation des déplacements professionnels vient de passer de 38 à 40 centimes par kilomètre, la mesure ne compense pas la hausse des carburants. Pour ces personnes qui travaillent souvent à temps partiel, mais avec des amplitudes horaires démesurées, les déplacements font partie du quotidien, avec d’énormes contraintes pour les personnes qui interviennent en zone rurale. Pour ces personnels, le véhicule électrique est totalement inaccessible, car ils (sur)vivent souvent à la limite de la précarité. La voiture qui leur permet d’assurer les déplacements imposés par leur profession, est plus souvent un diésel âgé d’une bonne vingtaine d’année, qu’un véhicule électrique dernier modèle.
Pour les personnes âgées, l’impact de l’inflation sera multiple :
– renchérissement des coûts de chauffage, alors que la précarité énergétique est une triste réalité pour les retraités modestes,
– renchérissement des produits alimentaires,
– dégradation des soins à domicile et des services à la personne, du fait de la plus grande précarité des personnes qui les assurent.
– répercussion sur le coût des services.
– répercussions sur le cout de la santé, avec un risque d’augmentation des cotisations de complémentaires santé.
Préserver le pouvoir d’achat des retraités
L’un des enjeux du Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale à venir sera de garantir le maintien du pouvoir d’achat des retraités dans un contexte inflationniste. Si l’inflation dépasse les 2% sur l’année dans les prochains mois, il s’agira pour les retraités d’un signal d’alerte pour obtenir la revalorisation des pensions au niveau de l’inflation, mais aussi la compensation des pertes de pouvoir d’achat générées par le delta constaté entre l’évolution des prix et le niveau de revalorisation accordé aux retraités en janvier.
N’oublions pas qu’en novembre 2025, les pensions des régimes complémentaires obligatoires AGIRC ARRCO ont été gelées du fait de l’intransigeance de MEDEF et du caractère irréaliste de ses propositions.
Avec une inflation qui tend vers les 2%, une mesure s’imposerait pour préserver le pouvoir d’achat des 14 millions de retraités relevant de ces régimes de retraite. D’autant que les réserves dont dispose le régime complémentaire sont largement suffisantes pour financer une revalorisation de ces pensions complémentaires.
