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La désindexation des pensions, une mauvaise solution !

lundi 24 août 2026

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Régulièrement, les économistes, voire les experts du Comité de suivi des Retraites, proposent de manière injonctive de désindexer ou de geler les pensions de retraites. Cette solution est systématiquement reprise dans les projets de budget depuis la fin de la crise inflationniste de 2023.
Pour l’UNSA Retraités elles est inacceptable, sous les multiples formes selon lesquelles elle est présentée...

Si on gèle les pensions des retraités riches...
Il faut d’abord considérer ce qu’est le seuil de richesse...
Pour le ministre de l’économie et des finances, il se situe à 3000 euros de pension brute. Pour l’Observatoire des inégalités, son niveau est estimé à 4 300 euros net de prélèvements fiscaux, pour une personne seule (soit deux fois le revenu médian).
Le débat mérite d’être considéré.
Un retraité qui vit seul sans autre revenus que sa pension et perçoit par exemple 2700 € net, peut-il être considéré comme riche ?
A l’appui de nos enquêtes, à l’UNSA Retraités, nous pensons que non !

Les effets de seuil
Si l’on gèle les pensions de plus de 3000 euros, le retraité bénéficiant d’une pension de 2995 € verrait sa pension revalorisée d’environ 60 euros pour une inflation estimée à 2%. Son voisin percevant une pension de 3005 euros verrait la sienne gelée.
D’où une injustice flagrante liée à l’effet de seuil.

Une rupture de confiance

Le gel des pension, voire leur désindexation, consiste en une dérogation aux règles de revalorisation définies par le Code de la Sécurité sociale.
Cette pratique, surtout si elle se répète, ou si elle est programmée sur plusieurs années consécutives , comme le propose le Comité de Suivi des Retraites, entraîne chez les retraités une rupture de confiance dans le système, et pour ceux qui en ont les moyens, un réflexe d’épargne de précaution. Surtout qu’aucune avancée significative sur le financement de la perte d’autonomie n’est à ce jour discernable.
On reproche aux retraités d’épargner trop, mais l’incertitude pesant sur le maintien de leur niveau de vie est un facteur d’incitation à l’épargne, à la sous-consommation, avec comme corolaire un risque de récession lié au recul de la consommation chez les retraités.

Une érosion effective du niveau des pensions en euros courants
Le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites rappelle qu’au niveau individuel, les retraités ont subi au cours des 25 dernières années une érosion de leur pouvoir d’achat différente selon la génération, d’autant plus importante que leur pension est élevée.
Entre l’année de son départ à la retraite et 2025, le pouvoir d’achat du cas type de non-cadre du secteur privé a ainsi diminué : -5 % pour la génération 1952 (partie en 2012).
Sur les mêmes périodes, le constat est plus défavorable pour le cas type de cadre du secteur privé. Les cadres ont perdu 7,8 % pour la génération née en 1952.
En clair, les retraités, et parmi eux ceux ciblés par Roland Lescure, ont déjà donné, et leur niveau de vie s’en ressent.
Selon l’économiste Mickaël Zemmour, les seuls retraités dont le niveau de vie a progressé sont ceux qui possèdent des revenus complémentaires liés à leur patrimoine.

Faut-il épargner les retraités de toute contribution à l’effort commun ?
A l’UNSA Retraités nous pensons que non, mais l’effort doit être réparti progressivement et inclure tous les revenus et pas seulement les pensions.
Les retraités riches doivent être mis à contribution selon des barèmes progressifs, non parce qu’ils sont retraités mais bien parce qu’ils sont riches. Et ils doivent être traités également que les actifs.
Pour financer durablement notre Sécurité sociale, et particulièrement l’Assurance vieillesse, d’autres solutions existent que la désindexation des pensions. Avec l’UNSA, nous estimons qu’il faut revoir les exonérations de cotisations sociales accordées aux entreprises et mieux les conditionner, qu’il faut instaurer une CSG progressive.
Une fiscalité plus progressive mettant davantage à contribution les hauts revenus et les successions les plus importante pourrait contribuer au rétablissement des finances publiques.

La solution de la désindexation et du gel des pensions a déjà été mise en œuvre sans effet pour rétablir durablement les comptes de l’assurance vieillesse, et ces dernières années, repoussée à plusieurs reprises par le parlement. Ressortir une nouvelle fois ce type de mesure ne peut que conduire à l’impasse. Notre protection sociale mérite d’autres solutions.