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Le pouvoir d’achat des retraités, cible d’attaques multiples !
jeudi 25 juin 2026
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Nous y revoilà ! Après la dernière publication du rapport du Conseil d’Orientation des Retraites, et à quelques semaines du débat sur le Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale 2027, les idées fleurissent pour diminuer la charge que feraient peser les retraites sur l’économie et le salaire des actifs.
Comme ils n’osent pas aborder de front la baisse des pensions, les représentants du patronat et les tenants de l’économie libérale prennent des voies détournées, mais pas vraiment novatrices !
Le récent rapport du Conseil d’Orientation des Retraites a stimulé les envies d’expression sur la question de la part de la richesse nationale consacrée au financement de nos retraites. Mais pas forcément pour faire émerger des idées originales.
Attaques multiples contre le pouvoir d’achat des retraités
Patrick Martin, encore et toujours président du MEDEF, plaide pour une participation des retraités les plus aisés, « à partir de 2 000 euros de pension mensuelle », via une hausse de la contribution sociale généralisée (Capital 23/06/2026).
Déjà fait, en 2018, par un certain Édouard Philippe, alors premier ministre. Pas vraiment une idée nouvelle.
Selon Jean-Hervé Lorenzi, président du cercle des économistes, le maintien de l’abattement de 10 % sur l’impôt sur le revenu des retraités – pour « frais professionnels » – représente pour l’économiste « la décision la plus stupide du budget 2026 » (Public Sénat 23/06/2026).
On croirait lire une resucée des propos de Patrick Martin, version janvier 2025. Sur la question de l’abattement fiscal des retraités, qui n’a rien à voir avec le dégrèvement pour frais professionnels des actifs, ni dans son fondement, ni dans son mode de calcul, on a déjà tout expliqué ! On peut le refaire, mais ça lasse. Nos lecteurs les plus assidus risquent de s’inquiéter de troubles cognitifs de notre part, nous amenant à radoter quelque peu…
Sauf que ce sont ces brillantes personnalités économiques qui ressassent les mêmes lubies.
Dans le florilège des mesures « novatrices » pour raboter le pouvoir d’achat des retraités, il manque encore la désindexation, mais ne doutons pas qu’un esprit créatif ne l’avance prochainement.
Retraités "aisés" avec 2000 € de pension, vraiment ?
Sérieusement, Monsieur Martin, vous qui avez imposé, en novembre 2025, à 14 millions de retraités, le gel de leur pension complémentaire, est-on aisé quand on dispose de 2000 € pour vivre ? Sérieusement, Monsieur Martin, avez-vous seulement envisagé un instant ce que signifieraient pour vous vivre avec 2000 € ?
- 2000 €, c’est 73% du salaire moyen (2733 € selon l’INSEE en 2024).
- 2000 €, c’est 46,5% du seuil de richesse pour une personne seule défini par l’Observatoire des inégalités.
- 2000 €, c’est, selon notre baromètre le niveau de pension à partir duquel une personne seule commence à échapper à la précarité.
Et c’est la définition que retiendrait le MEDEF pour définir l’aisance chez les retraités ?
Un certain cynisme
Il y a chez les représentants du patronat une forme de cynisme qui dépasse toute limite. M. Martin nous explique qu’on a en France un problème de pouvoir d’achat parce que le financement de la protection sociale repose beaucoup sur les entreprises et sur les salariés.
Il oublie de nous dire que les ménages contribuent désormais davantage que les entreprises à la protection sociale.
Il oublie de nous dire que c’est l’État, et donc les contribuables, et parmi eux les retraités, qui compensent les exonérations de cotisations sociales largement consenties aux entreprises, sans que leur efficacité soit démontrée.
Il oublie de nous dire que ces mêmes entreprises sont aidées à hauteur de 211 milliards d’euros (rapport du Sénat juin 2025), sans que l’on sache toujours à quoi servent ces aides.
Il oublie de nous dire que la masse des dividendes distribuée aux actionnaires du CAC 40 est passée de 50,2 milliards en 2016 à 107,6 milliards en 2025 soit une progression de 114,5 % ! ( la « Lettre Vernimmem », publication financière spécialisée, citée par le magazine Alternatives économiques de mars 2026).
Il oublie de nous dire qu’en 2025, les patrons du CAC 40 ont reçu une rémunération moyenne de 3,2 millions d’euros, en progression de 13% quand les salaires augmentaient de 2,5% (Investir-le Journal des finances 20/06/2026).
Il y aurait là quelques pistes pour augmenter le pouvoir d’achat des salariés, sans forcément jouer sur la CSG des retraités prétendument aisés.
Et aussi quelques raisons d’épargner les retraités, qui, même s’ils ont des revenus pas vraiment homogènes, ne sont pas si aisés que peut le penser M. Martin, et pas forcément plus favorisés que leurs homologues européens.
Des retraites françaises pas si généreuses
D’après Olivier Klein, professeur d’économie à HEC, « avec un taux de remplacement net d’environ 70 % selon l’OCDE pour un salarié type ayant travaillé à temps plein durant toute sa carrière (seule méthode permettant une comparaison valable), la France ne figure pas parmi les pays les plus généreux. L’Espagne atteint environ 85 %, l’Italie 83 %, l’Autriche 89 % et les Pays-Bas près de 95 %. De plus, contrairement à ce qui est parfois annoncé, un retraité ne gagne pas plus en moyenne qu’un actif. Pour une moyenne (retraités et actifs confondus) des revenus disponibles à 100, les retraites ont 80,2 et les actifs 114,7. Pourtant, dans le débat public français, l’idée selon laquelle nos retraites seraient excessivement favorables est devenue un a priori. » (Les Échos 22/06/2026).
Clairement, contrairement à l’avis du MEDEF, l’antagonisme majeur qui fracture notre société, ne se situe pas entre actifs et retraités, entre jeunes et vieux, mais bien entre les possédants et ceux qui ne le sont pas.
Nos revendications :
Pour l’UNSA Retraités, il existe des lignes rouges :
– Refus de toute désindexation des pensions,
– Refus de la suppression de l’abattement fiscal des retraités,
Nous revendiquons un rattrapage du pouvoir d’achat impacté par la crise inflationniste.
Avec l’UNSA, nous défendons le principe d’une CSG progressive pour les actifs comme pour les retraités, et qui s’applique aussi aux dividendes, dans un but d’une plus grande justice.
Nous défendons le principe d’une fiscalité plus redistributives mettant davantage à contribution les revenus du capital et les grandes fortunes.
Nous revendiquons un réexamen des politiques d’exonération de cotisations, en les conditionnant à des critères sociaux et environnementaux.
Nous revendiquons l’application de cotisations sociales à tous revenus complémentaires du salaire de base : heures supplémentaires, primes, intéressement…
