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Aide sociale aux personnes âgées ou handicapées.

jeudi 5 mars 2026

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La DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques a publié à l’automne dernier l’édition 2025 de son Panorama sur « L’aide sociale aux personnes âgées ou handicapées ».
Si les données analysées datent de fin 2023, elles permettent de mesurer les enjeux de l’aide sociale à apporter aux personnes confrontées à la perte d’autonomie.
Les données recueilles et collectées sont principalement issues de l’enquête annuelle Aide sociale menée par la Drees auprès des départements.

Le nombre d’aides sociales aux personnes âgées croît de 2,0 % en 2023
L’aide sociale aux personnes âgées ou handicapées relève principalement des départements. Cette compétence est l’une des composantes de la protection sociale régies par le Code de l’action sociale et des familles (CASF).
En 2023, les départements ont attribué 2,13 millions de prestations aux personnes âgées ou handicapées. Les dépenses brutes des départements pour ces aides atteignent ainsi 19,1 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année 2023. Ces dépenses sont en hausse de 5,8 % par rapport à l’année 2022 en euros courants (soit +0,9 % en euros constants, en tenant compte de l‘inflation).

Fin 2023, ce sont 1,50 million de prestations qui ont été allouées par les départements aux personnes âgées en perte d’autonomie réparties en 834 100 aides à domicile et 666 000 aides à l’accueil. Les dépenses annuelles d’aide sociale aux personnes âgées, augmentent de 5,4 % en euros courants (soit +0,5 % en euros constants) en un an pour atteindre 8,9 milliards d’euros en 2023.
L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) représente à elle seule plus de 91 % des aides sociales aux personnes âgées. Fin 2023, 1,36 million de personnes de 60 ans ou plus la perçoivent, soit 7,2 %. En décembre 2023, plus d’un tiers des personnes âgées de 85 ans ou plus en bénéficient. Ce nombre de bénéficiaires augmente de 2,1 % en un an et les dépenses associées s’élèvent quant à elles à 7,1 milliards d’euros en 2023.
Si, en 2022, le niveau de vie des seniors est très proche de celui des personnes plus jeunes, celui des personnes âgées en situation de restriction d’activité est plus souvent modeste. Le taux de pauvreté des plus âgés atteint dans l’ensemble 11 %, contre 16 % pour les moins de 60 ans, mais il s’élève à 15 % parmi les seniors en restriction d’activité.

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Un fort développement des aides sociales aux personnes handicapées en vingt ans
Fin 2023, 633 000 prestations d’aide sociale aux personnes handicapées ont été accordées par les départements (472 000 aides à domicile et 161 000 aides à l’accueil) pour une dépense annuelle de 9,3 milliards d’euros. D’autres dépenses sont engagées par les départements, dont celles liées à l’aide au recours aux services d’accompagnement à la vie sociale (SAVS) ou aux services d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (Samsah). Les départements contribuent également à l’hébergement de jeunes majeurs en établissement pour enfants handicapés et distribuent des participations à des actions menées par d’autres collectivités ou organisations, en matière de prévention notamment et des subventions de fonctionnement à destination d’associations, de communes ou intercommunalités ou d’organismes de droit privé œuvrant pour les personnes en situation de handicap. En les incluant, les dépenses brutes globales s’élèvent à 10,3 milliards d’euros pour l’année 2023.
Le nombre de bénéficiaires de la prestation de compensation du handicap (PCH) s’accroît encore en 2023 : il s’établit à 407 200 personnes, soit +6,5 % par rapport à 2022. Ces dépenses atteignent 3 milliards en 2023, progressant en un an de 10,4 % en euros courants. Cette hausse s’explique à la fois par celle du nombre de bénéficiaires, mais aussi par la revalorisation du tarif plancher pour les services d’aide et d’accompagnement à domicile, la montée en charge de la PCH parentalité ainsi que la prise en compte en année pleine du financement des revalorisations salariales pour les professionnels dans les services d’aide à domicile.
Le niveau de vie des personnes handicapées est en moyenne plus faible que celui des personnes non handicapées. En effet, en 2022, 60 % des personnes handicapées, âgées de moins de 60 ans vivent dans un ménage dit modeste, contre 37 % de celles ne l’étant pas. De même, 26 % des personnes handicapées de 15 à 59 ans vivent sous le seuil de pauvreté, contre 14 % des personnes du même âge sans handicap. Au-delà de la pauvreté monétaire, la pauvreté en conditions de vie, estimée par les privations ou le renoncement à certains biens de consommation, services ou équipements, concerne 35 % des personnes handicapées âgées de 16 à 64 ans, contre 14 % dans l’ensemble de la population du même groupe d’âge.

L’avis et les revendications de l’UNSA-Retraités
La perte d’autonomie, qu’elle provienne d’un handicap ou du vieillissement, doit être prise en charge par la solidarité nationale. L’UNSA Retraités se prononce pour la création d’un droit universel de compensation pour l’autonomie, géré par la 5e branche de Sécurité sociale. Pour l’UNSA Retraités, le financement de la perte d’autonomie doit être pérenne. L’UNSA Retraités revendique qu’un pourcentage des droits de succession, des droits de mutation, soit affecté à ce financement. Cette 5e branche doit prendre en charge la totalité des frais liés aux soins et à la perte d’autonomie, que la personne soit à domicile ou en établissement. Aujourd’hui, l’APA est insuffisante et inégalitaire : insuffisante, car elle laisse une part importante à la charge de l’intéressé ou de sa famille, inégalitaire, puisqu’elle varie d’un département à un autre dans son montant comme dans son degré d’éligibilité

Handicap : l’UNSA appelle à garantir un niveau de vie décent
Pour l’UNSA, au-delà des chiffres, l’État doit garantir à toutes et tous un niveau de vie réellement décent Si l’UNSA se félicite de la progression constante des aides, tant en nombre de prestations qu’en volume financier, elle demeure préoccupée par le niveau de vie des personnes en situation de handicap. Aussi l’UNSA appelle-t-elle à renforcer les politiques sociales et d’inclusion en faveur des personnes handicapées afin de permettre à celles qui y sont soumises de sortir de la pauvreté et de la précarité. Pour ce faire, les prestations doivent couvrir l’intégralité des besoins en accompagnement.