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Comptes de la Sécurité sociale 2026 : le rouge est mis !
vendredi 29 mai 2026
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La commission des comptes de la Sécurité sociale a présenté son rapport le 28 mai. Alors que pour l’année 2025, les résultats présentaient un solde plus favorable que les prévisions, c’est malheureusement l’inverse pour 2026.
Explications
En 2025, le déficit constaté a été légèrement inférieur à ce que prévoyait la Loi de financement de la Sécurité sociale.
Au lieu des 23 milliards initialement envisagés, le déficit s’est élevé à seulement 21,6 milliards, soit un déséquilibre moindre de 1,4 milliard.
En 2026, la situation s’avère beaucoup plus dégradée.
Alors que le PLFSS prévoyait un déficit de 19,4 milliards, le solde des comptes de la Sécurité sociale devrait atteindre - 23,2 milliards, soit une dégradation des comptes de 3,8 milliards.
La commission des comptes dresse le constat suivant : « L’écart d’évolution des charges par rapport aux produits se réduirait, mais ne s’inverserait pas : les charges nettes augmenteraient de 2,7 % contre 2,5 % pour les produits nets, soit un écart de 0,2 point ».
Ces chiffres tombent dans un contexte d’incertitude économique forte liée à la crise du Moyen Orient, qui rend la lisibilité des perspectives à court ou moyen terme difficile.
Le déficit par branches :
Pour la branche Maladie, le déficit atteindrait 13,3 milliards d’euros.
La branche Maladies Professionnelles/Accidents du Travail, qui a longtemps affiché un solde positif, est aussi dans le rouge avec 1,1 milliard d’euros de déficit.
Le solde de la banche Vieillesse accuserait un déficit de 7,6 milliards d’euros, contre 7,2 milliards en 2025.
La branche Famille serait en déficit de 0,5 milliard.
Quant à la branche Autonomie dont les comptes se dégradent, elle serait en déficit de 0,4 milliard.
L’évolution du déficit :
Depuis 10 ans
Et par branches entre 2025 et 2026 (Sources :https://www.securite-sociale.fr)
Un effort modeste pour réduire les exonérations de cotisations
Après une trentaine d’années d’extension des exonérations de cotisations sociales accordées aux entreprises, le gouvernement se décide à emprunter le chemin inverse. Un décret va modifier le barème de ces allégements au 1er juin, et ainsi « priver » les entreprises françaises de 2,2 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année.
Cette mesure pourtant limitée a suscité les protestations vigoureuses du MEDEF. "« Rogner encore sur les allègements de charges, c’est à la fois anti-entreprise, anti-emploi et anti-pouvoir d’achat. Les 2 milliards qui vont manquer représentent l’équivalent de 30 000 à 35 000 emplois » a déclaré Patrick Martin son président.
Cet effort appelé à éviter une dérive des exonérations résultant de l’augmentation du SMIC, ne couvre que moins de 10% du déficit du budget de la protection sociale.
Quelle est la nature de cette crise de la protection sociale ?
Pour l’UNSA, des solutions existent pour renforcer durablement les recettes, garantir l’avenir de notre système de protection sociale et préserver les prestations, sans imposer de nouveaux sacrifices aux assurés sociaux.
Cette crise n’est pas générée par un excès de consommation de soins et donc de dépenses, mais bien par un manque de recettes.
L’UNSA estime nécessaire de reposer de manière responsable la question des exonérations de cotisations. Il ne s’agit pas de remettre en cause l’accompagnement des entreprises, mais de mieux cibler ces dispositifs. Les exonérations doivent être conditionnées à des critères économiques, sociaux et environnementaux afin de garantir leur utilité et leur contribution réelle à l’intérêt général.
L’UNSA Retraités s’inscrit pleinement dans cette analyse.
Pour aller plus loin :
L’analyse de l’UNSA sur la situation financière de notre protection sociale


