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Mobilisation France Autonomie : Agitation et enfumage

jeudi 28 mai 2026

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Si les constats sur la démographie française sont connus depuis longtemps, quel crédit faut-il accorder à ce que le gouvernement a annoncé ? D’autant que les travaux du Haut Conseil de l’Âge sont totalement ignorés dans la stratégie annoncée. Méconnaissance ou oubli volontaire ?

D’ici 2050, un Français sur trois aura plus de 60 ans. Le nombre de personnes de plus de 85 ans doublera entre 2030 et 2050, avec plus de 700 000 personnes supplémentaires à accompagner, portant le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie à 2,8 millions en 2050.
Face à cette transformation démographique majeure, la mobilisation France Autonomie, lancée en avril dernier par Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, porte une ambition claire : construire avec et pour les personnes âgées une politique durable de l’autonomie, ancrée dans les territoires et fondée sur les réalités du terrain.
Cette mobilisation repose sur une gouvernance nationale, la Conférence nationale de l’autonomie, qui permettra d’inscrire cette politique dans le temps long, au-delà des échéances politiques, et de suivre l’évolution du vieillissement, l’exécution des engagements pris et d’ajuster les priorités nécessaires. Elle se réunira chaque année et sera installée à l’automne.

Mercredi 20 mai, la Ministre a présidé avec Olivier Richefou, vice-président de Départements de France, le comité de pilotage préparatoire à la Conférence nationale de l’autonomie, réunissant les principaux acteurs nationaux et territoriaux, ainsi que les représentants des personnes âgées.

D’ici l’automne 2026, plusieurs rencontres thématiques seront organisées avec les acteurs du secteur, les collectivités territoriales, les professionnels, les associations, les représentants des personnes âgées et les aidants autour des six priorités :
 mieux connaître pour anticiper les besoins ;
 agir pour vieillir en bonne santé ;
 valoriser les métiers de l’autonomie ;
 diversifier les lieux de vie ;
 accompagner la transformation des EHPAD en Maisons France Autonomie ;
 aider les aidants.

Lors du Conseil de l’Age du 21 mai 2026 l’UNSA est intervenue pour demander pourquoi il aura fallu attendre la dernière année du second quinquennat pour voir ces sujets arriver.
Sans doute, durant les neuf dernières années, y avait-il des sujets plus importants à traiter que celui-ci qui concerne ou va concerner tout le monde !
Nous nous sommes étonnés et agacés : tout ce que le Haut Conseil de l’Age a produit sur les EHPAD depuis 18 mois est totalement ignoré. Et puis, nous avons constaté que la loi Grand Âge n’est même plus évoquée ni mentionnée. Pas étonnant quand, dans l’annonce de cette stratégie, il a été dit à demi-mots que de financements il n’y aurait guère.
Enfin nous avons dénoncé la création d’une instance Canada Dry (qui ressemblerait au HCA mais sans la diversité qui le compose et sans sa liberté de parole) qui pour le coup, va créer un doublon… Or il y a peu, certaines groupes politiques d’extrême droite bien intentionnés à l’égard du HCFEA (Haut Conseil de la Famille de l’Enfance et de l’Age), avaient prétexté un imaginaire doublon pour proposer la disparition pure et simple de ces Hauts Conseils.
L’UNSA craint que du coup ce ne soit le HCA qui fasse les frais de cette création d’une instance nouvelle.
D’ailleurs, dans sa réponse, le Président du HCA a partagé notre inquiétude sur ce doublonnage et ses conséquences possibles sur le Haut Conseil de l’Age.
Bref, tout ceci ressemble fort à un énième coup de communication et de brassage de vent. Les personnes âgées et l’importance de ces sujets valent mieux que ça.