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Frais bancaires : « J’ai le mal de Banque. »
mardi 31 mars 2026
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Comme tout un chacun, vous êtes détenteur d’un compte bancaire. Lors de l’ouverture de votre compte, la banque vous a informé de la tarification des produits et services qu’elle vous propose en vous fournissant sur un support papier ou sur un support durable des tarifs qu’elle pratique. D’ailleurs, elle a l’obligation de mettre à disposition la tarification dans chaque agence, sous forme d’affiche ou de dépliant. Bien évidemment, ces informations sont aussi disponibles sur le site internet de l’établissement financier. Par voie de conséquence, les frais mentionnés vous être facturés et ce, dans un champ que nous pouvons qualifier de légal.
Selon le rapport 2025 de l’observatoire des tarifs bancaires, force est de constater que sur une longue période de juin 2015 à juin 2025, la hausse des prix des services bancaires (+17,6 %) est inférieure à l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (+20 ,8 %). Pour autant l’année 2025 marque pour un nombre significatif de banques une augmentation substantielle de principaux services bancaires, plus particulièrement les frais de tenue de compte et des cartes bancaires.
Etat de fait martelé en 2026 et confirmé par des enquêtes d’associations de consommateurs : les frais bancaires pour cette année se caractérisent par une hausse en moyenne de 3 %. L’étude du comparateur révèle que les français vont payer en moyenne 191,90 euros par an de frais financiers.
Cette augmentation, selon l’Association Consommation, Logement et Cadre de vie se concrétise par les frais de tenue de compte (+6,39%), les prix des cartes bancaires (de +2,07 à +2,29%), sans oublier les retraits aux distributeurs automatiques de billets de la concurrence.Il s’agit de frais liés à une utilisation courante que nous subissons au quotidien.
Où « le bât blesse », ce sont les frais bancaires en cas de dysfonctionnement du compte, plus précisément les dépassements de découvert autorisés, les rejets de chèques sans provision, les rejets de prélèvement faute de provision, les saisies sur compte bancaire, etc. C’est d’autant plus regrettable que cela concerne une clientèle dont la situation financière est déjà fragilisée et c’est bien connu les banques n’ont pas une réputation de philanthropes…
Les banques sont libres de déterminer leurs tarifs, cependant la tarification de certains frais liés aux incidents de paiement sont encadrés et ne peuvent pas dépasser certaines limites. La répression des fraudes (DGCCRF) veille au grain. Très récemment c’est une banque emblématique, l’Ecureuil qui s’est fait rattraper par la patrouille. Deux caisses régionales de la Caisse d’Epargne du groupe BPCE ont écopé d’une amende plus que significative pour pratiques commerciales trompeuses, a annoncé la Répression des Fraudes, cette dernière leur reproche notamment des frais bancaires non justifiés et selon nos sources, des frais appelés « commissions d’intervention », anormalement prélevés sur plusieurs comptes clients de l’établissement.
Déjà par le passé, des banques nationales françaises ont elles aussi, été dans le viseur de la répression des fraudes. Incontestablement pour les banques, la tarification est une véritable manne financière, les établissements sont libres de déterminer leurs tarifs, il existe en la matière un flou artistique. Pour autant, il serait de bon aloi que le législateur se penche sur ces pratiques courantes qui pénalisent encore plus la clientèle bancaire déjà en difficulté, d’ailleurs il a revu sa copie en fin d’année 2025 sur les frais bancaires liés aux successions, pratique « montrée du doigt », dans une autre publication de l’UNSA Retraités.
