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Le ministre du travail et des solidarités annonce la revalorisation du minimum vieillesse
lundi 31 août 2026
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Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a annoncé que le RSA et le minimum seront bien indexés sur l’inflation.
Revalorisation du minimum vieillesse
A l’heure où l’inflation atteint 2,4% sur an, avec un pic de 16,8% pour l’énergie et 5,8% sur les produits alimentaires frais, cette annonce est salutaire pour les plus précaires.
Mais elle impactera un nombre limité de retraités, les bénéficiaires de l’ASPA et de l’ASV. Les statistiques de la DREES nous informent qu’en décembre 2023, derniers chiffres publiés, 723 000 retraités "bénéficiaient" du minimum vieillesse pour une prestation moyenne de 500 €. L’ASPA comme l’ASV sont des allocations complémentaires qui viennent s’ajouter à la retraite perçue pour atteindre un plafond de 1043 € pour une personne seule en 2025.
1043 euros, cela représente 78% du seuil de pauvreté.
Dans le meilleur des cas, ce plafond pourrait être revalorisé de 25 €.
Une mesure dont le financement sera loin de mettre en péril le budget de la solidarité nationale, et qui s’impose pour que ces retraités ne s’enfoncent pas dans la grande précarité.
A l’UNSA Retraités, nous revendiquons un niveau du minimum vieillesse garantissant à tout retraité un revenu égal au seuil de pauvreté.
C’est donc de 22% qu’il faudrait revaloriser ce minimum pour garantir à chacun de ces retraités précaires une vie digne, permettant d’assurer les besoins essentiels.
Il faut se souvenir également que le non recours au minimum vieillesse, s’il n’est pas précisément chiffré, est très important. Un rapport aujourd’hui vieux de dix ans le chiffrait à 31% des bénéficiaires potentiels.
Donc, Monsieur Farandou nous assure du maintien de l’indexation du minimum vieillesse sur le taux d’inflation. A l’heure où la boîte à outils pour réduire le niveau de vie des retraités est grande ouverte, il faut se satisfaire de cette annonce.
Appel à la solidarité des seniors
Par ailleurs, Monsieur Farandou « en appelle à la solidarité des seniors pour participer à un effort collectif et redresser les comptes de la Sécurité sociale ». Or dans le même temps, sa collègue Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, annonce qu’il n’y aura aucune hausse d’impôt. Difficile, dans cette logique de mettre à contribution les plus riches, retraités ou non, pour redresser les comptes publics.
Cet appel à la solidarité passe mal, quand le taux d’imposition des entreprises a été divisé par deux en cinquante ans, selon l’économiste Gabriel Zucman, quand 13 000 foyers fiscaux d’ultra-riches ne paie aucun impôt sur le revenu, quand une bonne part des recettes de la TVA sert à financer les 90 000 milliards d’exonérations de cotisations des entreprises.
Nous en sommes à nous interroger à quel niveau sera réglé le rabot de la désindexation de nos pensions : à 3000 euros, comme suggéré par Roland Lescure, à 2000 euros comme d’autres l’évoquent, ou carrément à partir du premier euro, comme le revendique le MEDEF.
A l’UNSA Retraités, nous ne sommes pas fermés à la sollicitation à la solidarité, mais celle-ci doit s’opérer par le moyen d’une fiscalité plus juste, plus progressive, concernant les revenus du patrimoine autant que les revenus du travail et les pensions de retraite. Et pour l’instant on est loin du compte, avec la perspective d’un impôt déguisé ciblant les seniors par le truchement de la désindexation des pensions.
