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Se soigner, pas si simple pour les retraités
dimanche 11 janvier 2026
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A l’heure où le mouvement de protestation des médecins libéraux s’invite dans l’actualité sociale de ce début d’année, il nous paraît primordial de faire connaître les attentes des retraités qui ont répondu à notre Baromètre 2025 en matière de santé et le ressenti qu’ils expriment par rapport à l’accès aux soins.
Cela montre à quel point les revendications des médecins libéraux qu’il s’agisse de la liberté des honoraires ou du rejet des limitations à la liberté d’installation vont à l’encontre des attentes des retraités que nos avons interrogés.
Les priorités des retraités en matière de santé
Pour les 2620 retraités dont nous avons recueilli les avis, les problèmes liés à la santé et à la prévention de la perte d’autonomie sont une priorité.
Parmi les problèmes les plus graves auxquels sont confrontés les retraités, ceux-ci répondent à 60,6% : la situation des Ehpad et à 40,8% : la difficulté pour accéder à un médecin.
Ce problème est plus durement ressenti par les retraités vivant dans la ruralité puisque 42,6% disent être confrontés à la difficulté de trouver un médecin.
Lorsqu’on leur demande de hiérarchiser les mesures prioritaires pour eux, ils placent d’abord la lutte contre les déserts médicaux, à 70 %. Puis, le développement de la recherche sur les maladies neurodégénératives à 58 %.
L’aide au financement des complémentaires santé arrive loin derrière. Seulement un quart des retraités en font une priorité.
Pourtant, 73% d’entre eux dépensent plus de 100 € par mois pour leurs frais de complémentaires santé et 32%, plus de 150 €. Et 4% ne disposent pas d’une complémentaire santé.
Le renoncement aux soins
Si le renoncement aux soins est très limité concernant les généralistes, un tiers des retraités y ont été confrontés lorsqu’il s’agissait de consulter un spécialiste.
Les causes du renoncement sont, pour 37,5% des répondants, l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous. Pour 29.6 %, c’est parce qu’il n’y a pas de professionnel de santé dans l’environnement proche, et pour 27% c’est à cause des dépassements d’honoraires.
L’exemple d’un désert médical
Dans notre Baromètre 2025, nous avons pris la Haute-Marne (où 140 retraités ont répondu à notre questionnaire) comme département test des « déserts médicaux ». L’accès aux médecins spécialistes est particulièrement difficile dans ce département.
Vivre en milieu rural, avec de petits moyens, complique énormément l’accès à la consultation d’un spécialiste. Lorsque la plupart sont conventionnés à honoraires libres (secteur 2), il y a un risque de renoncement aux soins.
Dans ce contexte, le mouvement de protestation des médecins libéraux qui considèrent le coût de la santé comme un problème secondaire et refusent toute régulation de leurs honoraires peut apparaître comme indécent.
Le vrai problème est l’accès aux soins pour tous, il passe par la limitation des dépassements d’honoraires et une régulation de la liberté d’installation pour permettre à tous l’accès aux soins dans les zones sous-dotées.


