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La santé plus chère : des mesures pénalisantes dès le 1er mars

mardi 24 février 2026

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Dès le 1er mars, plusieurs forfaits médicaux vont augmenter, forfait hospitalier, coût de la consultation aux urgences non suivie d’hospitalisation.
Dès le 1er avril, c’est la participation forfaitaire applicable aux soins dépassant 120 euros qui va être majorée d’un tiers.
Ces mesures vont pénaliser les plus pauvres, les plus malades et les plus âgés. Elles risquent d’avoir pour conséquence une aggravation du renoncement aux soins et un renchérissement des cotisations des complémentaires santé.

Le gouvernement a pour ambition d’enrayer le déficit de la Sécurité sociale en augmentant divers forfaits médicaux :

  • A partir du 1er mars, une journée d’hospitalisation, qui coûte aujourd’hui 20 euros à chaque patient assuré, verra son prix augmenter de 3 euros pour atteindre 23 euros.
  • Un passage aux urgences sans hospitalisation est aujourd’hui facturé 19,61 euros. À partir du 1er mars, il en coûtera 23 euros.
  • Dès le 1er avril, pour tout acte médical dépassant 120 euros, la participation forfaitaire imposée au patient passera de 24 à 32 euros, soit une augmentation de 33% !
  • Cette augmentation s’appliquera aussi bien dans les hôpitaux publics que dans les cliniques privées ou les centres de soins.

Qui va supporter le coût de ces majorations ?
Ces majorations seront assumées par les Organismes Complémentaires de l’Assurance Maladie, mutuelles et complémentaires santé pour les patients qui disposent de cette couverture.
Lesquels organismes complémentaires ne manqueront pas de répercuter à court ou moyen terme ces nouvelles charges sur leurs adhérents, avec des cotisations encore majorées.

Une charge alourdie pour les plus modestes …
En France, 2,5 millions de personnes sont dépourvues d’une complémentaire santé soit 4% de la population. Cette proportion monte à 12% dans la tranche de la population classée parmi les 10% les plus pauvres.
Pour ces personnes l’arbitrage se fera entre renoncer aux soins et supporter ces augmentations. Pour les ménages les plus modestes, malgré l’existence de la Complémentaire Santé Solidaire (C2S), la DREES estime que leur reste à charge est nettement plus élevé que celui des ménages aisés.

Et pour les retraités…
Rappelons-le, il existe une forte inégalité par rapport à la couverture santé complémentaire entre actifs et retraités. Alors que la complémentaire santé des actifs est financée, ou en passe de l’être pour le secteur public, à 50% par l’employeur, les retraités assument, eux, 100% du coût de leur complémentaire, avec des tarifs qui croissent avec l’âge.
Les retraités se trouvent contraints d’opérer un choix entre un contrat abordable, mais peu protecteur, ou suffisamment protecteur, mais affecté d’une cotisation hors de prix.
La DREES souligne que « certaines complémentaires santé tarifient à l’âge, et les retraités disposent de contrats distincts des actifs : les personnes âgées subiraient ainsi des hausses de primes plus importantes en cas de hausse du ticket modérateur, particulièrement si la mesure porte sur des postes de dépenses principalement consommés par les personnes âgées, comme les médicaments ».

Les mesures qui entreront en vigueur le 1er mars ou le 1er avril, vont avoir pour conséquence une majoration des cotisations de complémentaires santé pour les retraités.
En augmentant les forfaits hospitaliers, le gouvernement organise le renoncement aux soins et tourne le dos aux principes de solidarité qui fondent notre système de protection sociale, solidarité avec les plus pauvres, solidarité avec les plus fragiles solidarité avec les plus âgés.

L’avis de l’UNSA :
Pour l’UNSA, cette mesure affaiblit notre système de santé et éloigne davantage les populations vulnérables d’un accès effectif aux soins. L’UNSA exige l’abandon immédiat de cette augmentation et l’ouverture de négociations afin de garantir un accès aux soins égal pour toutes et tous.

Pour aller plus loin : lire la position de l’UNSA