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A propos du gel des complémentaires santé, droit de réponse et mise au point.
mardi 3 mars 2026
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Notre article sur le gel des complémentaires santé a été consulté par plus de 5000 de nos lecteurs. Il se bornait à évoquer de façon factuelle l’article 13 de la loi de financement de la Sécurité sociale 2026.
Il a appelé certaines réactions, notamment de la part des mutuelles, que nous publions en annexe de cet article.
Nous avons au sein des adhérents de l’UNSA Retraités, deux attitudes différentes voire antagoniques concernant l’évolution des complémentaires « santé » et particulièrement de celles qui sont gérées par nos mutuelles historiques.
Certains, disposant d’un long passé militant dans le mouvement mutualiste, défendent le point de vue des mutuelles, ce qui est totalement respectable.
D’autres s’inquiètent de l’évolution toujours plus lourde des tarifs des complémentaires santé et d’une évolution tarifaire pas toujours facile à comprendre d’une année sur l’autre.
Sur le gel des tarifs des complémentaires, plusieurs fédérations et organismes gestionnaires des complémentaires santé estiment « que la disposition inscrite dans la LFSS qui prévoit un gel tarifaire pour 2026 est très probablement anticonstitutionnelle. Elle porte en effet atteinte à la liberté d’entreprendre, à la liberté contractuelle et à la garantie des droits, principes protégés par la Constitution. Elle contrevient également au droit européen, notamment en matière de solvabilité. Comme évoqué, sa mise en œuvre est également susceptible de générer des risques de non-conformité au droit de la concurrence ».
C’est un point de vue cohérent de la part des organismes, mais c’est au Conseil Constitutionnel qu’il appartient d’arbitrer, éventuellement dans leur sens.
L’UNSA Retraités n’a pas à porter un arbitrage sur le bien fondé de l’article 13 de la LFSS, mais elle est en droit, comme l’ont fait plusieurs organismes de défense des consommateurs, d’informer ses lecteurs de la possibilité de recours, s’ils estiment l’évolution de leurs cotisations abusive, appréciation dont nous n’avons pas à juger du bien-fondé.
Par contre, le rôle de l’UNSA Retraités est bien de dénoncer l’inégalité évidente entre actifs, dont les cotisations sont en partie prises en charge par l’employeur, et retraités, qui assument l’intégralité de leurs cotisations de complémentaires santé. Elle est dans son rôle lorsqu’elle s’inquiète de l’érosion de la solidarité intergénérationnelle dans le mouvement mutualiste, avec des cotisations qui progressent en même temps que l’âge.
Elle est dans son rôle quand elle regrette les compétitions que se livrent les organismes complémentaires d’assurance maladie (OCAM), à coup de campagnes publicitaires coûteuses, ou d’offres de prestations parfois discutables, afin de s’aligner sur la concurrence.
Respectueux du point de vue de chacun, l’UNSA Retraités porte à la connaissance de ses lecteurs le communiqué commun de la Mutualité Française, de l’UNOCAM, de France Assureurs et de la Fédération des Institutions Paritaires de Protection Sociale.
Chacun pourra se faire une opinion.
Nous rappelons en conclusion le constat que nous dressions dans l’analyse des réponses à notre Baromètre des retraités 2025.
Très chères complémentaires santé : les frais de complémentaire santé pèsent lourd sur le budget des retraités, même si dans le panel de nos répondants, les retraités disposant d’une pension supérieure à 2000 € sont majoritaires.
Chez les plus de 75 ans, la proportion de ceux qui dépensent plus de 150 € par mois de complémentaire santé est plus importante. Et ils sont deux fois plus nombreux à ne pas disposer d’une complémentaire.

