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8 mars, les femmes retraitées sont aussi concernées !
mardi 24 février 2026
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Garantir aux femmes des droits équivalents à ceux des hommes, c’est l’enjeu de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.
Pour les femmes retraitées dont les pensions demeurent extrêmement basses, les droits élémentaires sont ceux qui consistent à pouvoir se nourrir correctement, disposer d’un logement décent, pouvoir se chauffer sans trop compter, pouvoir se soigner sans être limitée par des dépassements d’honoraires excessifs et sans payer une complémentaire santé hors de prix, pouvoir se déplacer pour les besoins de la vie courante, pouvoir aussi voyager bénéficier de loisirs, car même à la retraite vivre ne doit pas être synonyme de survivre et le droit à se faire plaisir est également légitime.
Avec une pension brute moyenne de 1306 euros, à peine supérieure au seuil de pauvreté, les femmes retraitées sont loin du compte en France.
La cause de ces pensions trop faibles : leur cantonnement trop fréquent dans des emplois de services sous-considérés et sous-payés, l’exposition au travail partiel non choisi et des carrières trop hachées parce qu’il faut parfois s’arrêter de travailler pour s’occuper des enfants, pour assumer le rôle d’aidante auprès d’un ascendant en perte d‘autonomie, parce que la situation de conjoint collaborateur est mal reconnue et génératrice de droits insuffisants.
La cause : des droits familiaux insuffisamment protecteurs et des trimestres de bonification qui ne compensent pas suffisamment les interruptions de carrière pour élever les enfants.
Aujourd’hui, les femmes partent à la retraite plus tard que les hommes, elles sont plus nombreuses qu’eux à terminer leur carrière à 67 ans pour avoir accès au minimum contributif.
La carrière des femmes génère une pension inférieure de 38% à celle des hommes (1306 € contre 2089 € pour les hommes), et encore inférieure de 27%, même en intégrant les pensions de réversion.
La France reste très mal placée en Europe concernant l’égalité de pension entre hommes et femmes. Elle occupe le 18e rang et se situe en dessous de la moyenne des pays de l’Union européenne.
Comparaison n’est pas raison et l’on conviendra que la retraite des Roumaines inférieure de seulement 15% à celle des hommes de leur pays est beaucoup plus faible que celle des Françaises, mais ceci étant, plus d’équité s’imposerait chez nous pour rapprocher la pension moyenne des femmes de celle des hommes.
Augmenter les salaires des femmes, tendre vers l’égalité salariale hommes femmes, relever les minima contributifs, interdire les temps partiels subis, relever les droits familiaux, garantir de meilleures conditions de réversion pour la retraite de base sont des mesures qui s’imposeraient pour plus de justice.
Le 8 mars doit être l’occasion de populariser ces revendications pour améliorer la vie des femmes retraitées et leur garantir des conditions de vie dignes, plus encore quand elles vivent leur retraite seules.
