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Un budget moins pire que prévu, mais bien en deçà de nos attentes.

mardi 27 janvier 2026

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Le gouvernement aura finalement fait le choix d’engager sa responsabilité pour parvenir à l’adoption définitive du budget 2026. A l’heure où nous écrivons, le jeu des navettes parlementaires n’est pas totalement clos, mais sauf surprise de dernière heure le budget sera adopté.
Que faut-il en penser ?

Ce budget n’est pas celui que nous souhaiterions pour le pays, clairement. Mais il vaut mieux un budget que pas de budget du tout. Il vaut mieux un budget adopté, même par recours à l’article 49 alinéa 3, qu’un budget adopté par ordonnances 49, totalement à la main du gouvernement qui aurait pu effacer d’un trait le travail parlementaire.
L’alternative était la censure du gouvernement, le risque de la dissolution et un saut dans l’inconnu. En matière de dissolution, le précédent opus n’a pas réellement clarifié le jeu politique.

Sur le fond que penser de ce budget ?
La colère du MEDEF exprimée par son président Patrick Martin est un indice qui témoigne que l’on pouvait craindre bien pire.
Voici un an, il revendiquait la suppression de l’abattement fiscal de 10% accordé aux retraités. Celui-ci est maintenu.
Voici un an, il torpillait toutes les avancées possibles pour mettre un peu plus d’équité à la réforme des retraites. Celle-ci est gelée jusqu’en 2027, avec l’opportunité d’imposer d’autres choix dans le cadre de l’élection présidentielle.
Il ferraillait pour obtenir sinon la suppression du moins la réduction de la contribution exceptionnelle des grandes entreprises. Celle-ci est maintenue à son niveau de 2025. Il faut rappeler que l’effort qui leur est demandé s’élève à 8 milliards d’euros, quand elles ont distribué à leurs actionnaires 107 milliards d’euros, sous forme de dividendes et de rachats d’actions. Cette réalité altère quelque peu le bien fondé des récriminations de M. Martin !
Alors oui, les grandes entreprises sont un peu mises à contribution...
Alors oui, les pensions sont revalorisées à hauteur de l’inflation...
Alors oui, l’ONDAM progresse un peu plus que prévu, et nous évitons le doublement des franchises médicales.
Alors oui, les retraités conservent leur abattement fiscal... Et rappelons au passage que nous avons pris notre juste part dans le combat pour le maintenir et que 13 000 retraités ont soutenu notre action en signant notre pétition

Mais, la justice sociale n’est pas au rendez-vous !
Mais le point d’indice des fonctionnaires demeure gelé.
Mais nos complémentaires santé vont subir une taxe qui sera répercutée sur nos cotisations.
Mais les grandes fortunes sont exonérées de tout effort. Exit la taxe Zukman pourtant plébiscitée par l’opinion.
Mais les niches fiscales multiples ne sont pas touchées.
Mais la fiscalisation des holdings financières n’est pas à l’ordre du jour.
Mais les minima de pension restent à un niveau inférieur au seuil de pauvreté.
Mais 14.7 millions de retraités vont voir leur pouvoir d’achat baisser à cause du gel des pensions du régime complémentaire obligatoire. Il est vrai que cette mesure ne résulte pas des budgets de la Nation, mais il s’agit, indirectement, d’une mesure de rétorsion des organisations patronales pour faire payer aux salariés le gel de la réforme des retraites.

Pour sortir de la crise qu’il traverse, notre pays a besoin de plus de justice sociale pour refonder sa cohésion.
Cela doit passer par une forte taxation des plus grandes fortunes, à l’heure où elles arrivent à afficher un revenu fiscal de référence égal à zéro, ce qui pourrait leur permettre de prétendre au RSA !
Cela doit passer par une plus forte taxation des gros héritages, à l’heure où le patrimoine des Français est acquis à 60% par l’effet des successions.
Cela doit passer par un meilleur financement de la protection sociale, à l’heure où les fraudes cumulées représentent jusqu’à 85 % du déficit de la Sécurité sociale.
Cela doit passer par une revalorisation des minima de pension, à l’heure où les retraités modestes peinent à remplir leurs caddies, à se chauffer, ou à se soigner faute de pouvoir acquitter les dépassements d’honoraires imposés par les médecins libéraux.
C’est la ligne qui guide notre action, celle que nous allons développer dans notre projet syndical qui sera mis en débat dans le cadre du VIIIe congrès de l’UNSA Retraités.