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EHPAD, vraie réforme ou coup de peinture ?

mardi 28 avril 2026

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Les EHPAD, établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, ont une triste réputation, particulièrement pour les plus âgés de nos concitoyens. Pas seulement à cause du scandale Orpea qui a défrayé la chronique voici quatre ans, mais surtout par leur manque de moyens, leur inadaptation à l’accueil des résidents et l’incommensurable tristesse de la fin de vie qu’ils imposent à nos aînés.

Ils sont coûteux pour les résidents et leurs familles. Le prix moyen de l’hébergement pour un mois avoisine les 3000 euros. Pourtant, ils souffrent d’un manque chronique de moyens qui, malgré le dévouement souvent réel des personnels, ne garantit pas le confort et le respect de la dignité que les plus âgés d’entre nous seraient en droit d’attendre.

Changement de nom !
Pour pallier cette mauvaise image, le gouvernement vient d’avoir une idée géniale : en changer le nom !
Les EHPAD disparaitraient pour devenir, à échéance 2027, des « Maisons France Autonomie ». Après « Choose France », « France Service », le nom « France » est encore une fois accommodé pour faire passer un projet gouvernemental. Pas sûr que les résidents des structures concernées y trouvent leur compte.

Les moyens manquent pour une vraie réforme.
Si l’ambition affichée est de transformer ces structures en véritables lieux de vie, davantage centrés sur l’autonomie, le bien-être et l’accompagnement personnalisé, il faudrait quand même prévoir les moyens d’accompagner cette évolution.
Et c’est vraiment là où le bât blesse. Voici dix ans que nous attendons, d’une mandature à l’autre, une loi Grand Âge qui assurerait le financement de la prévention de la perte d’autonomie, à hauteur du mur démographique auquel nous sommes confrontés.
En janvier dernier, la Cour des Comptes dénonçait les insuffisances de la cinquième branche de la Sécurité sociale censée assurer le financement de la perte d’autonomie liée au handicap ou à l’âge.
Rappelons que très majoritairement, les personnes âgées souhaitent finir leur vie à domicile. Et quand cela n’est plus possible, des alternatives moins brutales que l’Ehpad peuvent être mises en place, qu’il s’agisse d’habitat partagé, de résidences autonomie ou de solutions de béguinage.
Quant à l’idée d’ouvrir l’EHPAD sur la cité, et d’éviter d’en faire un lieu d’enfermement physique et psychologique, elle était déjà contenue dans le rapport de Dominique Libault, lequel date de 2019 !
Le changement de nom risque d’être un simple coup de peinture sur la façade.
Les vieux méritent mieux que ce qui risque de n’être qu’un tour de passe-passe.

Nos propositions
Avec l’UNSA, l’UNSA Retraités préconise une diversité de réponses à la perte d’autonomie, afin de répondre aux capacités et besoins de chaque personne. Le vieillissement de la population nécessite d’être pensé dans sa globalité, dans l’esprit d’un parcours de la personne : adaptation des logements, aides à domicile, habitats alternatifs… qui appellent des investissements publics plus importants pour faire face aux enjeux auxquels notre société est déjà confrontée face à l’évolution de la structure démographique de la population .

Pour aller plus loin, lire le communiqué de presse de l’UNSA