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Grand âge : de la loi, à un plan , à... plus rien !
mercredi 11 février 2026
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Le 12 février 2026 devait avoir lieu la présentation officielle du Plan Grand Âge promis de longue date.
Il visait à répondre aux besoins des personnes âgées en perte d’autonomie et à établir une stratégie jusqu’en 2050.
Hélas cette présentation a été annulée, car la ministre en charge du dossier Charlotte Parmentier-Lecocq a fait le choix personnel de redevenir députée afin de permettre à son suppléant de participer aux élections municipales à venir. Et du même coup, elle a abandonné ce dossier dont elle s’occupait.
Inutile de dire que cette décision ne passe pas auprès de tous les acteurs « habitués » dans ce domaine aux promesses non tenues des présidents qui se sont succédé N. Sarkozy, F Hollande et E. Macron.
« Ce n’est pas grave, ce ne sont que des vieux… », a réagi Pascal Champvert avec ironie. Le vice-président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées dénonce « des renoncements sur renoncements et l’aveuglement de la France sur la situation démographique ».
En effet d’ici à 2050, selon une étude de la Direction de la recherche, de l’évaluation et des statistiques (Drees), la France comptera près de 23 millions de personnes d’au moins 60 ans (cinq millions de plus qu’en 2021) et 2,8 millions de personnes en perte d’autonomie.
À pratiques d’admission inchangées, 365 000 places d’EHPAD devraient être créées entre 2021 et 2050, alors même que leur nombre a reculé entre 2019 et 2023, en particulier dans le secteur public.
Sans création de places,698 000 personnes âgées dépendantes supplémentaires vivraient à domicile.
Et pour répondre à ces besoins, 156 000 à 202 000 équivalents temps plein (aides à domicile, aides-soignants) devront être créés selon les scénarios.
Certes, pour beaucoup d’acteurs du secteur, ce plan, à défaut d’une loi, bien que manquant de souffle, d’ambition, avait le mérite d’exister. Mais là, il passe à la trappe alors que la situation ne cesse de se dégrader. Le financement pour que cela s’améliore devrait être de l’ordre dix milliards d’euros supplémentaires chaque année au profit de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA). Au vu de la situation budgétaire du pays il n’est pas gagné que cette somme puisse être dégagée, car la volonté ne semble pas au rendez-vous non plus.
L’avis de l’UNSA.
En 2024 l’UNSA appelait déjà les pouvoirs publics à remettre à l’ordre du jour l’adoption d’une loi de programmation sur la perte d’autonomie plutôt que de réagir au coup par coup. Elle demandait l’arrêt d’annonces successives et sans cohérence, pour enfin adopter une loi de programmation pluriannuelle permettant de consolider des financements à la hauteur des problématiques posées à l’ensemble du secteur. C’est ce qu’a recommandé le CESE.
Le mur démographique des années 2030 et 2040 se rapproche et il faut aussi agir pour augmenter la qualité de l’accompagnement, revaloriser les salaires, améliorer les conditions de travail des professionnels, mieux reconnaitre les proches aidants, diminuer les restes à charge, rendre le système plus juste, développer la prévention et l’habitat intermédiaire…
Avec ce report, retour à la case départ, et pendant ce temps là, les personnes âgées et les personnels sont à bout.
