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Vague de froid et précarité énergétique

samedi 10 janvier 2026

◷ Lecture 3 min

Alors qu’une sévère vague de froid a affecté la France début janvier, comment les 2660 retraités qui ont répondu à notre enquête Baromètre des retraités 2025 font-ils face aux charges représentées par le chauffage ?
La précarité énergétique affecte-t-elle les seniors ?
Retour sur cet aspect de notre enquête…

Plus d’un retraité sur six (18.9%) parmi les personnes qui ont participé à notre enquête déclare avoir des difficultés relatives ou importantes pour faire face à ses dépenses de chauffage.

On se chauffe plus mal à la campagne

Cette proportion augmente pour les retraités qui vivent à la campagne. Les ruraux sont 22, 7% a avoir du mal à payer leur facture de chauffage. Logements moins bien isolés, recours à des modes de chauffage plus coûteux, solutions de rénovation thermiques mal adaptées, telles peuvent être les raisons de cet écart.

Le niveau de vie, facteur déterminant pour la précarité énergétique
Mais globalement, c’est le niveau de vie qui est déterminant lorsque l’on considère la précarité énergétique.
Elle affecte plus de 80% des retraités disposant d’une pension inférieure à 1000 €.
Dans la tranche des retraités disposant de pensions entre 1000 et 1400 €, c’est encore un retraité sur deux qui déclare avoir du mal à payer ses dépenses de chauffage.
Entre 1400 et 2000 €, dans la tranche qui concerne les pensions moyennes et immédiatement supérieures à la moyenne, 30% des retraités disent être confrontés à des difficultés pour faire face aux dépenses de chauffage. A ce niveau de pension, surtout chez les gens qui vivent seuls, on rencontre des personnes confrontées à des arbitrages difficiles, par exemple choisir de se chauffer ou d’entretenir ou de remplacer un véhicule à bout de souffle.
Le fait de vivre seul ou seule avec une pension de 1400 à 2000 € aggrave encore la précarité énergétique puisque ce sont 38,5 % des retraités dans cette situation qui sont confrontés à la précarité énergétique.
Il s’agit d’une évidence, lorsqu’on vit seul,on ne divise pas ses dépenses d’énergie par deux.
C’est seulement pour les retraités disposant d’une pension supérieure à 2500 € que la question de la précarité énergétique devient une préoccupation marginale.

Quelques remarques d’évidence
Le fait de posséder son logement n’est pas une garantie contre la précarité énergétique.
Le dispositif « MaprimeRénov », suspendu dans l’attente d’une future loi de finances, répond très imparfaitement aux attentes des retraités. La complexité des dossiers, leur dématérialisation constituent autant d’entraves à l’accès aux aides.
La baisse annoncée du coût des abonnement EDF, d’environ 12 € par an, n’aura qu’une incidence négligeable que sur la charge que représente l’énergie dans le budget des ménages de retraités.
C’est pourtant dans l’amélioration de l’habitat, et particulièrement de l’isolation thermique des logements, que réside l’un des principaux leviers contre la précarité énergétique.
Pour les retraités les plus modestes que nous avons interrogés, les aides financières pour adapter le logement, et cela peut inclure les travaux d’isolation, arrivent en deuxième rang parmi les mesures attendues. Leur demande est exprimée comme une urgence par la moitié de ces répondants.

Bien loin de l’image de retraités propriétaires douillettement installés dans des logements confortables, la réalité décrite par les retraités que nous avons interrogés montre que le droit de se chauffer est loin d’être acquis pour tous.
Revaloriser les basses pensions, cibler les aides à la rénovation vers les retraités modestes, simplifier l’accès aux aides, autant de mesures qui pourraient enrayer la précarité énergétique chez les seniors qui y sont exposés.