Accueil > Santé > Résiliation des contrats MGEN, réelle menace ou communication maladroite ?

Résiliation des contrats MGEN, réelle menace ou communication maladroite ?

mardi 23 juin 2026

◷ Lecture 3 min

Début juin, plus de 20 000 retraités ont reçu de leur mutuelle MGEN un courrier alarmiste leur annonçant, dans des termes plutôt brutaux la résiliation de leur contrat.
Réelle menace ou communication maladroite ?
Depuis la situation s’est décantée et les personnes concernées sont maintenues dans leurs droits.
Explications :

Un courrier inquiétant :
Plus de 20 000 retraités de la MGEN, couverts par l’offre MGEN Santé 3, ou contrat MASP (comprendre MGEN Alternative Santé Prévoyance) ont reçu début juin un courrier leur annonçant de façon assez brutale la résiliation de leur contrat à compter du 1er juillet 2026. On sait, et nous l’avons dénoncé, qu’il est difficile pour les adhérents de la MGEN de joindre rapidement leur mutuelle et d’obtenir des réponses à leurs questionnements.
La situation a donc généré une inquiétude réelle chez les personnes destinataires de ce message, d’autant qu’il était lourd de certaines menaces concernant l’usage de la carte de mutualiste réputée invalidée et imposait la destruction de cette carte.

Pourquoi cette démarche ?
L’offre de couverture MASP détenue par ces retraités correspondait à l’offre référencée par le Ministère de l’Education Nationale. La réforme de la Protection sociale complémentaire (PSC) dans la Fonction publique a remplacé le principe du référencement par le dispositif des contrats collectifs et a donc entraîné la clôture de cette offre. Cette situation a donc imposé à la MGEN, par contrainte juridique, d’informer ses adhérents concernés de la résiliation de ce contrat.
Nous regrettons que le courrier adressé ait été rédigé dans des termes peu amènes et sous une forme génératrice d’anxiété.
Nous regrettons également que la solution de continuité de la couverture complémentaire n’ait pas été adressée simultanément aux personnes concernées.

Une réponse finalement rassurante :

Dès le 9 juin, la MGEN confirmait qu’elle avait décidé de maintenir la couverture MASP pour celles et ceux qui en étaient bénéficiaires jusqu’à présent. Cette couverture est donc prolongée au-delà du 30 juin 2026 aux mêmes niveaux de garanties et tarification que précédemment. La prolongation du contrat n’implique aucune démarche particulière de la part des intéressés.
Les adhérents à l’offre MASP devraient recevoir des informations complémentaires relatives :
• à leur nouvel espace personnel,
• à leur nouvelle carte de tiers-payant,
• au prélèvement de leur cotisation.

Nous notons que si l’information aux adhérents est adressée par e-mail, elle sera doublée, selon l’engagement de la MGEN d’un courrier papier, ce qui permet de répondre au problème de la fracture numérique qui affecte certains retraités.

Notre avis :
Certains ont parlé de rétropédalage, d’autres ont pu revendiquer une « victoire » facile contre la MGEN. Dans cette affaire, il convient de ne pas oublier la responsabilité du Ministère qui a géré la mise en place de la PSC de manière particulièrement incohérente, tant au plan du respect des échéances, que de la diffusion de l’information ou même de la simple connaissance de ses agents concernés.
La MGEN ne brille pas, ces derniers temps, par l’efficacité de sa communication et par la qualité des réponses qu’elle peut apporter à ses adhérents en termes d’efficience comme de délais. L’échange récent que nous avons eu avec sa vice-présidente nous a permis de constater que la mutuelle historique de l’Éducation Nationale est consciente de ses manques et souhaite y porter remède. Mais il n’est pas forcément judicieux de tirer à vue sur la MGEN. Il n’est pas sûr que si Alan, par exemple, avait emporté le marché de la PSC à l’Éducation Nationale, la gestion de la transition eut été moins brutale et plus efficace. Ne préjugeons pas de l’avenir, mais les 130 000 agents du ministère de l’Économie et des Finances, passés sous gestion Alan pour leur contrat collectif de complémentaire santé, pourront rapidement nous faire part de leur expérience.
Dans l’immédiat, nous exprimons notre satisfaction de voir les retraités concernés par cette affaire maintenus dans leurs droits.