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Une vision et un chemin pour la transformation de tous les Ehpad
jeudi 16 juillet 2026
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Nous reprenons intégralement l’article diffusé le 15 juillet sur le site de l’UNSA qui rend compte du rapport du Haut Conseil de l’Âge sur l’évolution du modèle des Ehpad. Ce rapport a pour objet de répondre au défi démographique auquel notre société est confrontée et à cet autre mur démographique constituent à la fois le vieillissement des personnels en charge de l’aide à la personne et le manque d’attrait de ces métiers notamment en raison de leur pénibilité.
Les propositions qu’il contient ouvrent des perspective réellement novatrice pour peu que les décideurs y prêtent attention.
S’il fallait apporter la preuve de l’utilité du Haut Conseil de l’Âge, ce rapport en est l’évidente confirmation.
Après plus d’un an de travaux et d’auditions, le Haut Conseil de l’âge, dans lequel l’UNSA siège, a adopté en juin dernier un rapport qui fera date s’il est suivi d’effets concrets. Il est consacré à l’évolution du modèle des Ehpad dans un contexte de vieillissement démographique et d’augmentation attendue des personnes en besoin important de soutien à l’autonomie.
Quelques chiffres
7500 Ehpad en France (24% privé commercial, 32% privé associatif et 44% public) pour 600 000 places (48% public) dont 450 000 habilitées à l’Aide Sociale à l’Hébergement (64% public, 33% privé associatif et 3% privé commercial).
L’âge moyen d’entrée en Ehpad est de 88 ans et 8 mois pour une durée moyenne de séjour de 2 ans 3 mois.
Un parc immobilier désuet
1 établissement sur 8 enregistre un avis défavorable de la commission incendie, 1 sur 5 comprend de l’amiante, 1 sur 3 n’a pas engagé de travaux depuis au moins 20 ans ; si presque tous disposent de systèmes de rafraîchissement dans les espaces collectifs, seuls 1 sur 10 en dispose dans les parties privatives.
D’où le besoin d’un fonds national de soutien à l’investissement immobilier et numérique de 500 M€ par an sur dix ans pour rénover et garantir les places actuelles. Le reclassement des Ehpad comme « équipements d’intérêt collectif » pour faciliter leur modernisation s’impose.
Les effectifs en personnels : pour atteindre les 80 personnels pour 100 résidents en 2030, il faudra créer plus de 80 000 ETP. Mais cet objectif pourra être révisé à la hausse compte tenu de l’évolution des profils des résidents et de leurs besoins : vers un objectif de 10 ETP pour 10 résidents.
Sans perdre de vue la crise d’attractivité en recrutement de personnels et l’instabilité des équipes qui en découle. 1 Ehpad sur 2 a recours à l’intérim, 19% des personnels ont moins d’un an d’ancienneté et enfin le médico-social est le second secteur le plus touché par les accidents du travail après le BTP. Tout ceci avec des conséquences majeures sur l’épuisement des équipes et des directions, ainsi que sur la qualité de vie et de soins des résidents.
Que propose ce rapport ?
Il suggère de transformer l’Ehpad en « Maison’âge » : un domicile collectif avec soins et aides intégrés. Un lieu ouvert sur son territoire, où l’on travaille autrement avec des métiers plus sûrs et attractifs. Au-delà, passer de la logique de dépendance au « pouvoir d’agir », donc de la chambre de 20 m2 à un « logement » de 30-35 m2 au sein d’un collectif.
Cette Maison d’Age concilierait l’amélioration de la réponse aux besoins et aspirations des habitants, le respect des libertés individuelles et l’affirmation des établissements comme de véritables lieux de vie au sein des territoires, afin de restaurer leur attractivité auprès des personnes comme des professionnels.
Parmi les propositions :
- Confirmer les droits d’aller et venir, aux visites et aux animaux de compagnie tout en aménageant la responsabilité pénale des établissements afin de favoriser l’autonomie des résidents ;
- Intégrer progressivement aux financements des indicateurs de qualité, tels que la réduction des hospitalisations évitables ou la satisfaction des résidents. La simplification des modes de financements améliorera leur traçabilité ;
- Transformer ces structures en plateformes territoriales de prestations, intervenant également hors de leurs murs ;
- Renforcer les effectifs : condition indispensable pour répondre à la complexification des besoins en soins et aides, améliorer la qualité de vie des résidents et fidéliser les professionnels ;
- Généraliser le « zéro portage manuel », développer les aides techniques, les formations aux approches relationnelles et les interventions non médicamenteuses afin de réduire la sinistralité du secteur et renforcer durablement l’attractivité des métiers ;
- Rénover les outils actuels, complexes et/ou dépassés, qui ne reflètent plus fidèlement les profils des résidents, notamment les troubles neuro-évolutifs, et demeurent insuffisamment incitatifs à la prévention et à la qualité des accompagnements ;
- Contribuer au financement par le réinvestissement des économies d’assurance maladie générées par l’amélioration des parcours de soins ;
- Remplacer la réduction d’impôt actuelle par un crédit d’impôt accessible à l’ensemble des résidents, quel que soit leur niveau de revenus ;
- Corriger le « coin fiscalo-social » pénalisant le secteur public et la branche autonomie (correction financière qui doit être appliquée, non financée par la branche autonomie, pour compenser les écarts structurels de charges sociales et fiscales entre les secteurs public et privé).
L’UNSA soutient cette transformation des EHPAD pour en faire avant tout des lieux de vie et d’attentions.
L’adoption d’une loi de programmation pluriannuelle sur le grand âge permettrait de stabiliser les financements sur 5 ans, de planifier les investissements nécessaires et de répondre aux besoins en personnel. L’UNSA refuse l’instauration d’une seconde journée de solidarité, qui ferait de nouveau peser l’effort sur les seuls salariés et retraités. Des recettes diversifiées sont à privilégier : réduction des exonérations de cotisations, mobilisation des droits de succession, extension de la CSA aux indépendants, redevance sur les EHPAD privés lucratifs…
Pour aller plus loin : Le rapport du Haut Conseil de l’Âge
