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A propos de la grève des médecins libéraux
vendredi 30 janvier 2026
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Du 5 au 15 janvier, les médecins libéraux se sont mis en grève. C’est le droit légitime de tout travailleur, fut-il libéral. Sauf qu’en l’espèce, ces médecins libéraux tirent l’essentiel de leurs subsides de l’Assurance maladie dont le budget est à la peine. Examinons leurs revendications.
Ce qu’ils revendiquaient
Ils protestaient contre un budget de la Sécurité sociale insuffisant pour répondre aux besoins en santé publique. Sur ce point, on ne pouvait que partager leur avis.
Mais dans le détail, on diverge sérieusement.
Les médecins libéraux contestaient l’encadrement de leur rémunération par la Sécurité sociale. En effet, avec 23 milliards d’euros de déficit, la Sécurité sociale cherche à faire des économies et l’Assurance maladie voulait imposer la baisse de la tarification de certains actes.
Au passage, elle dénonçait les dépassements d’honoraires abusifs.
Les médecins libéraux s’en prenaient aussi à la réduction de la liberté de leur pratique professionnelle par l’encadrement des prescriptions et des mesures pour limiter la liberté d’installation afin de combattre les déserts médicaux.
Une posture contestable
Si l’on peut rejoindre les médecins lorsqu’ils dénoncent la réduction autoritaire et le contingentement des arrêts de travail, pour le reste, leur posture est assez contestable ;
La visite chez le généraliste revient à 43 € à l’Assurance maladie. Le revenu moyen des médecins tangente les 9000 €.
Les longues études pour accéder au doctorat sont payées par le contribuable.
Les déserts médicaux sont une réalité : 37 % des retraités que nous avons interrogé dans notre baromètre nous ont dit avoir renoncé à des soins faute d’avoir obtenu un rendez-vous, 30 % parce qu’il n’y a pas de praticien dans leur environnement proche.
Alors que les grévistes pratiquant les dépassements d’honoraires prétendent qu’ils prennent en charge leurs patients modestes au tarif conventionné, 28 % des retraités qui ont répondu à notre enquête déclarent avoir renoncé à des soins pour cause de dépassement d’honoraires et la proportion monte à 63 % chez les retraités disposant de moins de 1000 € de pension. A croire qu’ils ont bien du mal à croiser les praticiens altruistes intervenant sur les plateaux télé !
La permanence des soins assurée par l’Hôpital Public
Face aux services d’urgence fermés des cliniques privés, les patients se sont tournés vers l’Hôpital Public, qui malgré des moyens que l’on sait limités, a pleinement rempli sa mission.
Pendant que les médecins libéraux jouaient les exilés sociaux du côté de Bruxelles, pour échapper aux réquisitions, le plan blanc jouait à fond. Les urgentistes du public, les infirmières, les infirmiers assuraient la permanence des soins, évitant un possible désastre sanitaire.
Deux façons de concevoir l’exercice de la médecine, une au service des patients, l’autre qui conjugue le verbe servir à la forme pronominale, en puisant dans les caisses de l’Assurance maladie.
Notre faveur va bien sûr aux premiers, dont nous saluons une nouvelle fois l’abnégation et l’engagement professionnel !


