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Adapter son logement après 60 ans : pourquoi et comment faire appel à un ergothérapeute ?

lundi 30 mars 2026

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On peut envisager l’adaptation de son logement au vieillissement et à la perte d’autonomie, surtout si l’on envisage de finir ses jours chez soi et de privilégier le maintien à domicile par rapport à l’accueil en Ehpad, ce qui est le cas d’une très large majorité de seniors. La démarche peut être motivée par les premiers signes de la perte d’autonomie, ou simplement par une logique préventive. Dans les deux cas, il peut être utile de faire appel aux services d’un ergothérapeute.

Avec l’avancée en âge, notre logement peut devenir moins adapté à nos besoins quotidiens. Escaliers difficiles à monter, salle de bain glissante, rangements trop hauts… autant de petits obstacles qui peuvent entraîner une perte d’autonomie ou un risque de chute. Adapter son logement permet de continuer à vivre chez soi plus longtemps, en toute sécurité. Dans cette démarche, l’ergothérapeute est un professionnel clé.

Le rôle de l’ergothérapeute
L’ergothérapeute est un professionnel de santé spécialisé dans l’autonomie et l’adaptation de l’environnement. Son objectif est simple : permettre à chacun de réaliser les activités de la vie quotidienne de manière sécurisée et confortable.
Il peut intervenir dans le cadre d’une évaluation du domicile :
 Il analyse les habitudes de vie. Il s’intéresse à votre quotidien : la façon dont vous cuisinez, dont vous déplacez, dont vous vous vous habillez ou utilisez votre salle de bain.
 Il évalue sur place les difficultés et les risques
 Il repère les obstacles dans votre logement : éclairage insuffisant, meubles mal placés, équipements inadaptés, tapis dangereux.
 Il propose des solutions personnalisées dont la mise en œuvre peut être très variable, depuis l’installation de barres d’appui, l’amélioration de l’éclairage, la réorganisation des meubles, jusqu’au remplacement d’une baignoire par une douche sécurisée ou à l’installation d’un monte escalier.
 Il peut recommander des aides techniques (déambulateur, rehausseur de toilettes, poignées ergonomiques, etc.)...

Quelles démarches pour faire appel à un ergothérapeute ?
Vous pouvez de votre propre initiative, faire appel à un ergothérapeute pour mettre en place une stratégie préventive par rapport à une future perte d’autonomie. Dans ce cas l’intervention est à votre charge pour une fourchette de prix se situant entre 350 et 400 euros.
Si vous êtes éligible au dispositif MaPrimeAdapt’, qui aide les personnes âgées ou en situation de handicap, sous conditions, à financer l’aménagement de leur logement, cette intervention peut être financée.
Mais les critères sont assez restrictifs :
 Si vous avez moins de 80 ans, il faut que vous ayez déjà fait une chute et que vous ayez besoin des services d’un auxiliaire de vie.
 Si vous avez plus de 80 ans, l’aide n’est possible que si vous avez déjà fait une chute qui impose des aménagements indispensables de votre logement ou si vous êtes accompagné par un auxiliaire de vie.
On le voit, la prévention relève encore de l’initiative privée et n’ouvre droit qu’à des aides limitées.
La prise en charge d’au moins une intervention d’ergothérapeute par la Cinquième branche de la Sécurité sociale, serait une mesure qui devrait s’imposer dans le champ d’une politique de prévention de la perte d’autonomie.

Attention aux arnaques
La prévention de la perte d’autonomie constitue un marché d’autant plus attractif pour les intervenants peu scrupuleux qu’ils ont affaire à un public vulnérable.
Il faut décliner les démarchages à domicile. Et, lorsqu’on fait appel à un ergothérapeute, il convient de s’assurer de sa qualification. Pour cela, deux moyens : vous pouvez consulter l’annuaire de santé du gouvernement : annuaire.esante.gouv.fr. ou vérifier son enregistrement dans le Répertoire partagé des professionnels intervenant dans le système de santé qui suppose la détention d’un numéro RPPS.
Autre arnaque à la mode, l’évaluation des risques par l’intelligence artificielle sans déplacement sur place. En aucun cas cela ne remplace une visite sur place, un entretien approfondi avec la personne et une mise en situation d’activités de vie quotidienne.

Infos UNSA Retraités 34 n°123 - avril 2026