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Injustices en devenir !
lundi 28 septembre 2026
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Au terme de deux mandats de présidence d’Emmanuel Macron, la France s’illustre en étant à la fois championne d’Europe des déficits publics et championne d’Europe de la distribution des dividendes.
Cette apparente contradiction est pourtant le fruit d’une politique délibérée, la politique de l’offre, qui a pour double conséquence de ruiner les budgets publics et d’enrichir encore davantage les plus riches.
Cette politique, théorisée voici près de cinquante ans par Ronald Reagan, avait pour but de rendre impossibles à financer les politiques sociales, en réduisant fortement la pression fiscale sur les grandes entreprises et les plus favorisés. Elle était décrite sous la douce expression de « starving the beast » en bon français, « affamer la bête ».
La bête, vous l’avez compris, ce sont les budgets sociaux, la façon de l’affamer ce sont les baisses d’impôts et les aides parfois difficiles à justifier, consenties aux grandes entreprises.
Ce qui se dessine dans la préparation du budget 2027, est une fois encore, la parfaite illustration de cette politique.
Le gouvernement se dit à la recherche de 54 milliards d’euros pour ramener le déficit public à 4,8 % du Produit Intérieur Brut. Et, en même temps, ça fait longtemps qu’on ne nous l’avait pas sorti, il refuse d’augmenter les impôts, et propose même d’augmenter les exonérations fiscales sur les donations consenties à leurs rejetons par les ménages les plus favorisés du pays, en gros les 1% les plus riches.
Donc, histoire d’affamer la bête, on se propose de s’en prendre aux familles, avec le gel des APL, aux malades, avec la fiscalisation des indemnités journalières, aux agents publics, avec le gel du point d’indice et bien sûr, aux retraités.
Pour ces derniers, les mesures sont servies à la louche.
Seules les pensions inférieures 1260 euros, soit moins que le seuil de pauvreté, seraient revalorisées au niveau de l’inflation. Cela concerne un gros tiers des retraités, environ 37 %. Ne pas le faire consisterait à les plonger dans la précarité quand l’inflation frôle les 2,5 % sur l’année.
Au-delà de ce seuil, les retraités dont la pension est comprise entre 1260 et 2034 euros, verraient leur pension désindexée. A quel niveau ? Ce n’est pas encore précisé.
Au-delà de 2034 €, pour ces retraités qui selon le ministre Roland Lescure « vivent bien », les pensions seraient purement et simplement gelées . Et cela concerne 28 % des retraités, soit environ 5 millions de personnes, pas toutes riches, loin de là. Selon les dernières données publiées par la DREES, moins de 2 % des retraités dépasseraient 4500 € de pension, soit à peu près le seuil de richesse défini par l’Observatoire des inégalités. Et comme cela ne suffit pas, une partie des retraités dépassant 2000 € de pension, verrait ses impôts augmenter du fait de l’abaissement du plafond de l’abattement fiscal qui leur est accordé.
Toutes ces mesures sont Injustes et insupportables.
Monsieur Lecornu cherche 6 milliards pour indexer les pensions sur l’inflation. 6 milliards, cela peut se trouver en réduisant de 7 % les 90 milliards d’exonérations de cotisations patronales, compensés par nos impôts. Exonérations dont le bienfondé n’est pas toujours démontré.
Le débat sur le Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale s’ouvre. Si de telles mesures étaient retenues, la colère des retraités devrait s’exprimer avec force ! Et L’UNSA Retraités se chargerait de la relayer.

