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L’obsession de la baisse de la natalité

lundi 29 juin 2026

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C’est désormais une mauvaise habitude. Alors que le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites n’a été publié que le 11 juin, dès le 8 juin, des fuites du pré-rapport permettaient à la presse de communiquer sur son contenu.
Et comme d’habitude, la plupart des médias adoptaient une lecture alarmiste. Un seul chiffre a mobilisé leur attention de manière quasi-obsessionnelle, la baisse du taux de fécondité à partir de 2028, à 1,45 enfant par femme, contre 1,8 enfant par femme envisagé dans le rapport du COR 2025.

Aussitôt, politiciens et économistes libéraux ont multiplié les interventions pour expliquer que moins de naissances en 2028, ce serait moins de cotisants en 2050, et qu’il était donc urgent de relever l’âge de départ à la retraite.
« Un âge de départ à 67,6 ans en 2070, la piste explosive du COR pour atteindre l’équilibre  », titrait Le Parisien dès le 8 juin.
Sauf qu’une lecture plus approfondie du rapport nous indique qu’avant 2045, cette évolution démographique n’aura pas d’incidence sur les retraites, car elle sera compensée par un solde migratoire en progression de plus 150 000 personnes par an, dès 2026, alors que le rapport de 2025 prévoyait un solde migratoire limité à 70 000 personnes.

L’économiste Mickaël Zemmour, fin connaisseur de notre système des retraites, déclarait à la lecture du rapport du COR 2026 : « Ce rapport nous livre de nouvelles informations. Elles indiquent qu’il peut y avoir un peu plus de tension, principalement avec la démographie, mais ce n’est ni particulièrement alarmant, ni complètement déterministe, ni susceptible de changer les équilibres à très court terme ».
Les travailleurs immigrés contribuent, n’en déplaise à ceux qui ne cessent de les stigmatiser et de présenter l’immigration comme un coût pour la collectivité, à produire des richesses. Ils payent des cotisations et participent au financement de notre système de retraite.
Quant aux projections à moyen ou long terme, elles doivent être envisagées avec circonspection. Qui peut prévoir ce que sera le taux de natalité dans vingt ans ? Qui peut mesurer avec certitude l’évolution de l’espérance de vie à moyen terme ? Les évènements qui perturbent nos équilibres économiques et politiques ont la fâcheuse habitude de ne pas s’annoncer. On n’avait prévu dans la décennie écoulée ni le COVID, ni l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ni la guerre entre les USA et l’Iran et la thrombose du détroit d’Ormuz qui en a résulté. Ces évènements ont pourtant chamboulé notre économie.
Revenons au rapport du COR 2026. Si l’on considère ses éléments d’analyse pour le court terme, il nous confirme, comme les éditions précédentes, qu’il n’y pas de dérapage du système des retraites français. Le Conseil d’Orientation des Retraites estime que les dépenses de retraites seront stables jusqu’en 2045.
Ceux qui cultivent l’alarmisme, avec une lecture biaisée du rapport du COR, le font avec une arrière-pensée politique, revenir sur les conquis sociaux et imposer conjointement le relèvement de l’âge de départ à la retraite et l’introduction de la retraite par capitalisation dans notre système de retraites.

Infos UNSA Retraités 34 n°126 - Juillet 2026